Situé à quelques dizaines de kilomètres au nord ouest de Paris, un vaste plateau parsemé de quelques molles dépressions et de faibles collines verdoyantes attend les randonneurs de tout âge prêts à en découdre avec la nature, l’histoire, les arts, bref avec tout simplement le plaisir de vivre. Ce territoire de découverte, c’est le Vexin français.

Vaste étendue illustrée de couleurs variées et changeantes selon les saisons, vos yeux s’émerveilleront des luminosités calcaires des bords de Seine, se reposeront auprès du vert des forêts ou des marais, s’exciteront à la vue des jaunes printaniers tranchant les brumes estivales naissantes, le tout cisaillé par les chemins creux et le bleu des petites rivières. Au détour d’un château, d’un site mégalithique ou tout simplement aux abords des haies, la faune variée et protégée du Parc naturel régional du Vexin français vous étonnera par sa diversité et sa facilité d’accès.

Une géographie toute en douceur

Le Vexin français se présente comme un vaste plateau à l’altitude modeste, ceinturé de toute part par des cours d’eau : le Seine au sud, l’Oise à l’est, l’Esches et la Troësne au nord et l’Epte à l’ouest. Cette dernière constitue la frontière naturelle avec le Vexin dit « Normand ». Dominant ce plateau calcaire, les buttes d’Arthies, de Rosne et de Marines se hissent laborieusement au dessus de cette « platitude romantique » comme dirait Brel et ce à une altitude de 217 m. Ne riez pas, c’est le point culminant de l’Ile de France quand même !

Un territoire a vocation agricole qui fût longtemps le grenier à blé de Paris

Ce décor est tailladé par quelques vallées longues et profondes pour certaines comme la Viosne. Les autres plus larges, ressemblent à de grandes plaines alluviales comme pour l’Aubette de Magny. En plus de ces cours d’eau, sortant de partout et profitant des moindres failles, une multitude de petits ruisseaux donnent naissance à des nappes d’eau en surface et souterraines, favorisant ainsi l’existence de zones humides, de marais et de roselières, jouant un rôle majeur dans l’équilibre environnemental et la biodiversité.

Depuis l’aube des temps, tous ces milieux ont été façonnés par la vocation agricole de ce coin de France dont l’histoire et l’emplacement en ont longtemps fait le grenier à blé de Paris. Tout ici sent l’agriculture céréalière ! Immensités champêtres à perte de vue où quelques îlots forestiers et concentrations villageoises perturbent l’homogénéité. Parfois, des fermes aux tailles imposantes et couleurs si caractéristiques, montrent avec arrogance la maîtrise de l’homme sur ce coin de nature. En forme de quadrilatère fermé sur l’extérieur et faites de pierre, d’argile et de plâtre, elles ont peu de mal à nous faire oublier que nous sommes si près de certaines des plus grandes agglomérations du nord de la France.

La douce ondulation des blés.

Cet aspect général du Vexin français n’a guère changé depuis le moyen âge. Au XIX ème siècle, des vignobles occupaient les côteaux qui dominent l’Oise et la Seine. Les vins de Vétheuil ou de Gommecourt passaient même pour de grands crus ! Puis, au fil des générations, de vastes vergers ont remplacé les vignes. Pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers ou cognassiers ont aussi fait du Vexin un véritable « garde manger » fait de saveurs, de couleurs et de plaisirs. Mourir de faim était il possible à cette époque et à cet endroit ? Mais ces derniers ont, eux aussi, disparus (voir la randonnée sur les coteaux de Seine). La culture maraîchère quant à elle continue d’être encore présente en fond de vallées, cohabitant avec l’élevage notamment près de l’Epte et dans les zones de buttes

Une région marquée du sceau de l’Histoire

De nombreux monuments mégalithiques témoignent d’une occupation très précoce de la région par l’être humain (dolmens, allées couvertes,…). Le Vexin doit d’ailleurs son nom aux « véliocasses » , peuple gaulois qui s’y est installé dès le 3ème siècle avant JC. L’époque gallo-romaine, quant à elle, a laissé aussi de nombreuses traces remarquables comme à Epiais-Rhus où à Genainville (temple, théatre, thermes… antiques). Petit à petit le peuplement se fait au gré des tracés des voies romaines comme la Chaussée Jules César qui menait ses usagers de Lutèce à Rouen (Roto-magus).

La Maison du Parc est installée dans au cœur du village de Théméricourt, dans une maison forte du XVème siècle, typique de la région.

En 911, le célèbre traité de Saint- Clair-sur Epte sonne la fin des redoutées invasions normandes et partage la région entre Francs et Normands. L’Epte, petit cours d’eau sauvage, devient alors la frontière entre « Vexin français » et « Vexin normand ». Puis la guerre de cent ans arrive, entraînant l’invasion et le saccage de la région par nos « amis » anglais. Cette époque nous laissera quand même des sites remarquables comme la Roche Guyon, de nombreuses églises romanes ainsi qu’une multitude de lavoirs, moulins, ou pigeonniers, témoins de vies faites de bonheurs éphémères et de longues souffrances. C’est à une véritable randonnée dans les livres d’histoire que nous vous convions.

Un milieu naturel à préserver

Très largement exposé aux influences maritimes et continentales, le Vexin présente plusieurs types de milieux naturels. On peut y trouver des pelouses et friches sèches, des zones humides et des prairies de fond de vallée, des bois et de la lande. Toutes ces variétés de milieux offrent des abris à une faune des plus variée. Sur les plateaux parsemés de haies et de bosquets, perdrix, lièvres, voire gros gibiers comme les sangliers et les chevreuils, aiment se terrer le jour pour ne pas hésiter à se montrer aux regards curieux et patients au lever du jour ou au crépuscule. Les fonds de vallée servent de lieu de nidification à des animaux comme le vanneau huppé, le pipit farlouse ou à une petite libellule répondant au joli nom de « Agrion de mercure ». Les roselières bordant les étangs et les mares abritent elles aussi une faune riche comme la phragmite des joncs ou le râle d’eau.

Pelouses et friches sèches, zones humides et prairies de fond de vallée, bois et lande : le Véxin présente une grande variété de milieux naturels

L’eau étant partout présente et sous toutes ses formes, les marais seront l’habitat privilégié de la cordulégastre annelée (grosse libellule noire et jaune) ou du Criquet ensanglanté. Evoluant dans les recoins profonds des rivières, la Truite fario ne tenterait elle pas quelques estomacs après une bonne randonnée ? Levez également les yeux car plusieurs espèces de chauves souris peuvent cisailler le ciel nocturne (elles sont protégées au niveau européen et hivernent dans les anciennes carrières où les vieilles demeures). De même un papillon de nuit, l’hypena obsitalis est réapparu après une absence de plus d’un siècle. Le climat particulier des coteaux de Seine permettra à l’oedicnème criard ou au faucon hobereau d’évoluer aux abords des parois rocheuses.

Il favorise aussi le développement d’une flore de type méridionale comme les orchidées ou l’astragale de Montpellier. Les flancs de vallée, aux conditions plus fraîches, seront parsemés de buttes boisées faites de charmes, de chênes et châtaigniers. Les tourbières vous permettront peut être d’admirer la grande fougère dite « osmonde royale ». Quant aux landes, selon la saison, elles se pareront de délicates couleurs. Parcourir ces différents paysages, au gré de vos humeurs et de vos envies, vous feront vite comprendre pourquoi le Vexin français a attiré tant d’artistes peintres.

En route !

Difficile de choisir parmi les très nombreuses randonnées mentionnées dans les guides et ouvrages du Parc Naturel Régional. Aussi, 3 thèmes ont remporté la majorité des suffrages de nos amis randonneurs, à savoir l’histoire avec une portion de la chaussée Jules César, la réserve naturelle des coteaux de Seine et, pour finir en beauté, l’univers des peintres impressionnistes. Ces 3 balades sont courtes et ce, afin de profiter au maximum des possibilités touristiques offertes à proximité de chacune d’entre elles (musée, ateliers d’artistes …).

Des panneaux pédagogiques rappellent la source d’inspiration que le Vexin français a représenté pour les plus grands maîtres.

Texte et photos : Alain PERRIER

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