Il est possible que la Deûle tienne son nom d’une racine archaïque delou dol, qui signifie méandre. S’étirant en boucles nonchalantes entre Escaut et Lys, la rivière prend sa source à Carency dans le Pas-de Calais (où elle s’appelle la Souchez), fait étape à Lille pour finir sa course dans la Lys à Deûlémont.

Le parc de Deûle constitue un lien vert entre la métropole lilloise et le bassin minier.

Nous sommes dans l’ancien « pays » de Weppes, grand plateau recouvert de loess arraché aux glaciers quaternaires et reposant sur un lit de sable et d’argile, dévolu traditionnellement aux grandes cultures céréalières et maraîchères. Au 13e siècle, alors que la région est quadrillée par un lacis de courants et rigoles drainant marécages et étangs, les échevins de Lille font creuser un canal au coeur des marais. Le cours de la Deûle est domestiqué et ne déborde plus de son lit. Progressivement, l’ensemble de la région est asséché, notamment par Vauban qui entoure la citadelle lilloise de fossés et cuvettes inondables. On défriche, on cultive et l’on récolte la tourbe, remplacée au 19e siècle par le charbon.

Du parc de la Deûle …

Bien plus tard, dans les années 70, la Deûle est réaménagée en canal à grand gabarit, à l’intention des grandes péniches qui peuvent désormais rallier les ports de Dunkerque, Douai, Valenciennes et Anvers. Dans les années 80, l’emprise industrielle recule et laisse derrière elle, des berges en perdition, des zones humides remblayées puis abandonnées. Dans les années 90, s’engage un gigantesque projet d’aménagement au coeur de la plaine des Weppes autour des berges de la Deûle. Il faut dire que sous cette ancienne zone de marais, la nappe de craie alimente Lille en eau potable, réservoir vital pour la métropole. Peu à peu, la Deûle réhabilitée renaît de ses cendres entre agriculture champêtre et semi-urbaine. Des kilomètres de haies vives sortent de terre, 130 000 arbres et arbustes indigènes sont plantés, 10 hectares de friches sont revalorisées en prairies accueillant des chevaux rustiques, 20 hectares de marécages et de prairies humides sont aménagés.

La Deûle renoue avec ses origines et la métropole lilloise avec son passé « aquatique ». Entre collines calcaires et argileuses au faible relief, la rivière se glisse paresseusement entre peupleraies et saulaies, égrenant ses villages, ses petits châteaux, ses fermes isolées, ses usines, ses bois, prairies semi-sauvages, étendues maraîchères, lambeaux de bocage, jardins et étangs. Sur les 40 kilomètres de sentiers réaménagés, la balade se fait souvent au bord de l’eau, on y croise des vergers, des pâturages, on chemine entre digues, passerelles et sentiers. Une ancienne colline de boues a retrouvé son charme d’origine et de son sommet, on aperçoit la vallée qui se partage entre bois et prairies, plans d’eau et zones humides. Plus loin, une passerelle en bois d’une centaine de mètres s’enfonce dans les frondaisons et sensibilise à la vie dans la canopée.

… au jardin Mosaïc

Partie intégrante de cette balade, le jardin Mosaïc s’étend sur 33 hectares, mélangeant les cultures dans tous les sens du terme. Parallèlement à la nature recréée et domestiquée telle qu’elle a été élaborée dans le parc de la Deûle, le jardin Mosaïc met en oeuvre la nature rêvée. S’y déploient neuf jardins contemporains imaginés par une trentaine d’artistes européens et dessinés par les paysagistes Jacques Simon, Jean- Noël Capart et Yves Hubert.

Le parc Mosaïc est un «jardin des cultures» où l’art et la botanique se côtoient harmonieusement

Au portes du jardin, commence le périple au coeur de l’histoire des cultures des diverses communautés de la Métropole Lilloise. Un hymne au voyage où les Flamands cultivent leur potager, le Rain garden déploie tous les charmes du jardin anglais et le Jardin tissé offre son patchwork végétal aussi chatoyant que les robes des Polonnaises. Un peu plus loin, l’Afrique du Nord exhale ses parfums de thym, de sauge et d’absinthe au Jardin des figuiers, les Terrasses de la Méditerranée sont un enchantement de couleurs et le Jardin du dragon vous transporte en Asie dans des effluves de jasmin, de clématites et de glycine.

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