Que l’on soit amateur de randonnées de loisirs, curieux de découvertes patrimoniales et historiques, tenté par un circuit de cabotage au gré des criques, le long de la côte Ouest voici la formule idéale.

Larguez les amarres !

Nous avons rendez-vous sur le port d’Ajaccio. Matthieu et son skipper nous attendent, le bateau est paré au départ. Le temps de s’installer à bord, et nous voilà partis, à la recherche d’un mouillage pour y passer la nuit. En ce début de soirée, la première baignade dans les eaux chaudes de la baie est un régal, tout comme le repas, concocté et servi à bord par Matthieu.

Après une nuit plongée dans le silence de la mer, au matin de la première journée, les choses sérieuses commencent : cap au Nord. Nous passons au large des îles Sanguinaires et le premier véritable contact avec l’élément marin n’en est que plus intense. Capo Rosso. On accoste « à la sauvage » pour partir à l’abordage de la tour génoise de Turghiu, par le «chemin des sangliers », à travers des sentes à peine tracées, loin des GR®…

Les falaises semblent plonger
à pic dans la mer
De Capo Rosso on rejoint le «chemin des sangliers» pour atteindre la tour génoise de Turghiu.

Après quelques 450 mètres de dénivelé positif (environ 3 heures de marche aller-retour) et une dernière partie un peu raide (on pose parfois les mains sur les rochers pour s’aider), nous voici au pied de la tour. Intarissable, Matthieu reprend sa casquette d’accompagnateur pour nous en dévoiler les petits secrets et nous mener par un escalier intérieur à son sommet, où un chemin de ronde nous offre une vue imprenable sur le Golfe de Porto et la réserve de Scandola. Les falaises semblent plonger à pic dans la mer.

Semelles au vent

La traversée du village de Girolata

La semaine s’annonce bien : une succession de randonnées faciles ou peu difficiles (de 150 à 800 mètres de dénivelé positif) dont le but et la récompense est à chaque fois un site patrimonial caractéristique de la Corse, qu’il soit naturel ou culturel, architectural ou marin.

A chaque jour son étape, à chaque escale son trésor. Pour gagner les sommets, comme le Capu Tondu, il ne faut pas avoir peur d’affronter le maquis, cette formation végétale typique très dense, composée d’arbustes griffus et odorants ; mais Matthieu est un bon guide, attentif aux uns et aux autres. Sortis du maquis, nous parcourons une série de petits plateaux successifs avant d’aborder la dernière partie la plus technique de cette randonnée qui se révèlera être la plus sportive de la semaine. Rocaille, dalle rocheuse où il ne faut pas hésiter à poser les mains enfin le point culminant du séjour est atteint : avec ses 839 mètres d’altitude, il constitue un magnifique promontoire au-dessus du golfe de Galéria et de la Balagne.

A chaque jour son étape,
à chaque escale son trésor

Après les sommets, l’envie de découvrir les rafraîchissantes profondeurs marines nous étreint. L’occasion rêvée de se livrer à la pratique du « snorkelling », sous la responsabilité de chacun, qui permet d’observer les fonds marins en nageant à la surface de l’eau. Quelle agréable manière de patienter avant le service du soir ! Arrivée à Calvi, point le plus au Nord de l’aventure ; une visite du port et de la citadelle s’impose, mais on attendra le soir, pour profiter de la douceur de l’air… avant cela, nous aurons pris le temps d’une balade en bord de mer, histoire d’admirer cette fois le coucher du soleil « d’en bas » (150 mètres de dénivelé). Nuit à bord du bateau, au pied du phare de Revellata.

Prendre de la hauteur en rando tout en profitant du décor paradisiaque caractéristique de l’île de beauté.

Le lendemain, nous partons pour une journée de voile, le long des côtes de la réserve naturelle de Scandola, accompagnés par les dauphins et observés de loin par ces drôles de chèvres sauvages à long poil et aux cornes courbées. À son approche, nous comprenons vite pourquoi Scandola est classée, pour une partie, « réserve intégrale » : considérée comme un haut lieu de la biodiversité marine, elle constitue notamment un site exceptionnel pour l’étude des populations de corail rouge. Qui plus est, non seulement on peut y trouver des espèces disparues depuis longtemps en Méditerranée, mais surtout, on en découvre régulièrement de nouvelles !

Après cette vision idyllique d’une nature préservée, retour à la culture et à l’histoire corses: direction Cargèse, joli petit village perché, qui se distingue entre autre par ses deux églises. Saint-Spyridon (San Spiridionu) église grecque-catholique hellène, est inscrite à l’Inventaire général du patrimoine depuis 2007. Celle qui lui fait face, séparée par un vallon, c’est l’église de l’Assomption, appelée aussi église Sainte-Marie, de rite « latin » ; son clocher est protégé et a été inscrit aux Monuments historiques en 1989. Nous parcourons les rues et ruelles, pour une excursion culturelle à l’ombre des pierres colorées, jusqu’à la tour génoise (150 mètres de dénivelé).

Hors des sentiers battus
La montée vers la Capu Tondu offre un panorama unique sur le maquis.

Le séjour tire à sa fin. Il est temps de penser au retour vers Ajaccio, non sans un dernier détour par les îles Sanguinaires. La vue est magnifique ; l’itinéraire choisi permet de ne jamais repasser aux mêmes endroits à l’aller et au retour, mais d’admirer deux fois sous un angle différent les merveilles corses, hors des sentiers battus. Tout l’art de l’équipe organisatrice est là !

Ultime privilège offert: passer une dernière nuit à bord du bateau dans le port d’Ajaccio. Le calme de la baie est propice à la rêverie, et c’est en songeant à tout ce qui nous a été donné de découvrir durant ces 7 jours que nous nous endormons, des images plein la tête. Demain, il faudra quitter le bateau, quitter le groupe, dire au revoir à Matthieu et à son skipper. Au revoir et merci, pour tous ces moments passés en leur compagnie, et tous ces souvenirs qui nous restent en cadeau. Un morceau de la Corse que nous emporterons avec nous.

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