Une île modelée par les feux de l’enfer

Des cimes jusqu’aux plages, les volcans ont sculpté la Martinique. Les zones de volcanisme ancien se situent globalement au Sud et à l’Est de l’île (Savane des pétrifications et presqu’île de la Caravelle), zones que nous explorerons dans un prochain numéro de Balades. L’île s’est ensuite développée dans les derniers 20 millions d’années par une succession d’éruptions qui ont déplacé l’activité éruptive vers le Nord, expliquant de fait que le dernier volcan toujours actif, soit la Montagne Pelée. Point culminant de la Martinique avec ses 1397 m et occupant une superficie de 120 km2, le volcan doit vraisemblablement son nom à l’aspect dénudé que présentait son sommet au moment de la colonisation de la Martinique en 1635 (l’absence de végétation à cette époque pourrait être due à une éruption volcanique quelques années auparavant).

Dans la baie de Saint-Pierre les canons sont tournés vers le large, vers des ennemis devenus invisibles ou pour protéger une flotte engloutie à jamais dans son linceul d’eau de mer et de cendres.

La particularité du volcanisme dit « péléen » réside dans des éruptions rares mais violentes. La lave, très visqueuse, forme un dôme en couvercle dans la bouche éruptive du volcan. Lorsque la pression des gaz ne peut plus être contenue, il y a éjection brutale du couvercle et constitution de nuées ardentes. Ces dernières sont des nuages composés de gaz sous pression, de cendres brûlantes et de blocs de lave. Ils déferlent le long des pentes et dévastent tout sur leur passage. Les autres volcans martiniquais, éteints par la mobilité des plaques tectoniques et érodés par le temps, donnent également à l’île ses principaux reliefs. Les plus connus sont les majestueux Pitons du Carbet et les « mornes » du Sud de l’île. Ces derniers, aux sommets arrondis ou plats et à l’altitude modeste (comprise entre 100 et 500 mètres), feront également le bonheur des marcheurs. Parmi eux, on citera la montagne du Vauclin, point culminant du sud de l’île, ou le Morne Larcher au Diamant. Eh oui, le volcanisme donne à l’île bien d’autres charmes que celui des plages de sable blond ou noir.

Saint-Pierre, un autre Pompéi

Le théâtre de Saint-Pierre : un monument magnifique et depuis longtemps silencieux

Les hasards de la vie et des rencontres m’ont donné la chance, quand j’étais beaucoup plus jeune, de rencontrer Maurice et Katia Krafft, le célèbre couple de vulcanologues, emportés en 1991 avec 41 autres personnes, par une nuée ardente sur les flancs du mont Unzen au Japon. J’apprendrai au cours de mon séjour en Martinique, que quelques semaines avant de disparaître, ils étudiaient encore la montagne Pelée. En prenant la route de ce volcan, très tôt le matin, j’ai l’impression de partir à l’assaut de mes rêves d’enfance. Mais avant, nous décidons de marcher à travers la ville de Saint-Pierre, ville détruite par une nuée ardente en 1902 et qui, encore aujourd’hui, porte les stigmates du drame. Parcourir ce site nous permet de ressentir encore l’ambiance de la catastrophe et nous motiver pour gravir les pentes abruptes du volcan qui domine la ville. Saint-Pierre est presque resté dans son « jus » depuis plus d’un siècle. Les rues, pour la plupart, sont encore recouvertes des pavés d’époque. Ils résonnent sous nos pas comme ils devaient le faire sous la charge de l’Hyppomobile qui transportait les habitants le long de la baie ou en direction des plantations.

En route pour le monstre assoupi

Nous commençons donc notre randonnée par le quartier dit du mouillage, qui se trouvait face aux bateaux qui transbordaient leurs marchandises à terre. L’ambiance est à la fois pesante et divine. Se dressant sur l’horizon, le soleil transforme vite le lieu en four, favorisé en cela par la noirceur des pierres des constructions. La place Bertin semble encore vibrer de l’effervescence commerciale qui y régnait. La Maison de la Bourse, chambre de commerce de l’époque, a d’ailleurs été reconstruite à l’identique. Puis en allant dans le quartier du centre, nous passons devant une multitude de vestiges du passé. En premier lieu, le théâtre, réplique de celui de Bordeaux, qui est dorénavant bien silencieux. Une statue de femme, semble regarder le sommet de la Montagne Pelée, les yeux vides et amers, demandant pitié. En contrebas de ce qui reste du bâtiment, nous pouvons voir le cachot du prisonnier Louis Cyparis. Il eu la chance, enfermé dans sa geôle, d’échapper aux feux de l’enfer et a fini sa vie au Panama après s’être exhibé au cirque Barnum. Nous nous asseyons à l’ombre, sur ce qui reste des gradins, et lisons un guide de voyage qui relate l’histoire de Saint-Pierre et de sa catastrophe. Celle-ci n’a rien à envier à celle de Pompéi !

La Montagne Pelée…
ça se grignote

Puis nous montons sur les hauteurs de la ville et arrivons au niveau de l’église du Fort. Seuls ses soubassements sont encore en place. Les structures ont littéralement été soufflées et éparpillées par la nuée ardente. Ce jour là, la ville entière s’est volatilisée sous ce vent brulant, qui peut atteindre 500 °C et déferler à plus de 500 km/h. Nous prenons ensuite la direction de la maison coloniale de santé qui pouvait accueillir plus de 150 patients. Les rues sont silencieuses dès que nous nous éloignons un peu du centre-ville. Cette absence de bruit exacerbe encore l’ambiance extraordinaire du site. Juste au-dessus de la maison de santé se trouve la maison du génie (ou des Ponts et Chaussées) qui doit son excellent état de conservation au fait qu’elle soit restée sous la cendre pendant près de 90 ans. On imagine bien ses bassins d’eau et ses parterres fleuris donner à l’ensemble un véritable sentiment de quiétude tropicale. Depuis un vestige de balcon, on s’aperçoit que, partout, des ruelles pavées cisaillent la ville (ne manquez pas la Rue Monte-au-ciel, située tout à côté). Décidemment, la ville de Saint-Pierre est devenue un véritable musée à ciel ouvert. C’est un site incontournable, non seulement de la Martinique, mais du patrimoine historique français (la ville de Saint-Pierre est classée “ville d’art et d’histoire” au patrimoine mondial de l’UNESCO). De grands projets de développement de la ville sont d’ailleurs prévus afin de lui redonner toute l’aura qu’elle mérite.

La Montagne Pelée dont l’éruption volcanique de 1902 fut l’une des plus meurtrières au monde. Photo OT Martinique

La trace de l’Aileron

Nous décidons de faire l’ascension du volcan par la voie dite de l’Aileron. Cette trace est la plus courte et la plus fréquentée (la randonnée dure 6 h, a 8 km de longueur et un dénivelé de 982 m). En traversant la ville du Morne-Rouge, nous passons devant le musée du volcan et empruntons une petite route en lacets qui mène à un parking se trouvant sous une grande antenne. C’est ici que se trouve le premier refuge, point de départ de notre périple. La Montagne Pelée, culminant à presque 1 400 mètres d’altitude, subit plusieurs types de climats. À sa base, le climat est plutôt chaud et ensoleillé. Dans sa partie supérieure, la température peut descendre sous les 10° C, tandis que la pluviométrie peut avoisiner 10 m par an. L’environnement peut devenir froid, venteux et est presque toujours brumeux. Comme cette randonnée ne s’improvise pas, nous vérifions une dernière fois le matériel emporté dans notre sac. La difficulté des sentiers tient aussi au fait que, dans de longs passages pentus, l’ascension se fait sur des amas pierreux et peut parfois ressembler à de l’escalade.

Vers le sommet, les nuages deviennent denses
et la visibilité se réduit

De plus, il n’existe aucun ravitaillement possible, la randonnée se faisant en autonomie complète. Au premier refuge, nous sommes déjà à plus de 800 m d’altitude et la caldeira se trouve à 1250 m. Donc 2 heures de marche nous attendent. Comme nous sommes pressés d’en découdre, nous partons à grande vitesse en direction du sommet. Mais la dénivellation est forte et l’effort se paye vite sous forme d’une symphonie d’essoufflements ! Notre guide nous rappelle à l’ordre : « attention, la Pelée, ça se grignote! ». Gare au coup de barre et au retour prématuré si on va trop vite ! Il est vrai que les marches qui constituent le début de la trace sont hautes et difficiles, surtout « à froid »! Le souffle est déjà court quand nous abordons, vers 900 m d’altitude, les blocs rocheux auxquelles les marches ont laissé la place. Je suis heureux (cela me permet de souffler) quand Christian, notre guide, nous fait observer la végétation arbustive de part et d’autre, et notamment le Cré-Cré rouge et le Mahot-cousin. Au loin, en contrebas, les fougères arborescentes semblent piqueter de leurs formes étoilées la végétation relativement sèche et clairsemée des prairies. Plus loin, vers la côte caraïbe, quelques champs de bananiers et des petites forêts isolées nous semblent des havres de douceur par rapport à l’univers minéral vers lequel nous nous dirigeons. Côté Atlantique, les versants semblent plus sauvages.

Au loin, la presqu’île de la Caravelle, avec ses formes tentaculaires, se distingue dans les brumes océanes. Après 40 minutes de marche, nous arrivons au col de l’Aileron. La vue sur la ville de Saint- Pierre y est magnifique et nous redonne de la vitalité pour reprendre la marche en direction du dôme de l’Aileron. Sur la gauche, dominant la caldeira, nous apercevons la croix Dufresnois. Dorénavant, le volcanisme domine. Le sol est fait de croûte de lave et partout nous observons des bombes volcaniques, des lapilis…

Sur la trace de la montagne Pelée, plus on grimpe et plus le brouillard est dense. Le taux d’humidité au sommet est souvent très important.

Un volcan explosif

Nous arrivons sur le plateau des Palmistes et cela fait 2 heures que nous marchons. Nous sommes au plus près du bord de la caldeira. Christian m’explique que la Montagne Pelée n’est pas un volcan effusif et de fait n’a pas de cratère mais une caldeira, structure caractéristique des volcans explosifs. Le balisage nous conduit dans une étroiture et nous fait plonger dans les entrailles du volcan, vers l’étang sec, en direction du dôme de 1902. Le volcan nous avale littéralement, d’autant plus que la brume se lève. Nous sortons rapidement des vêtements chauds car le froid se fait vite ressentir. Le temps de mettre un pull et nous nous retrouvons dans un environnement littéralement dantesque. Mes rêves d’enfance ressurgissent : je suis à nouveau avec Maurice et Katia Krafft, surtout au moment où nous atteignons le 3ème refuge qui servit jusqu’en 1970 aux vulcanologues. Bien caché en fond de cratère, ce refuge est une pièce de 10 m2, sans fenêtre ni porte. Rien à voir avec les hôtels de la côte ! Le temps d’un thé chaud et nous prenons la direction du Chinois, surnom de l’éperon rocheux situé au sommet du dôme de l’éruption de 1929. Nous marchons sur de larges plaques de lave lisses, avant d’arpenter une allée étroite et gravir un bloc rocheux pour arriver au Chinois. Ça y est, nous sommes sur le point culminant du volcan et donc de la Martinique.

Cela fait 3 h que nous sommes partis et revenons sur nos pas en direction du 3ème refuge pour reprendre la direction de Grande Savane. Cela nous fait faire le tour de la caldeira par l’Ouest. Compte tenu de la densité des nuages et la faible visibilité, nous sommes contents d’avoir un guide ! Tout en nous dirigeant vers le 2ème refuge, j’arrive à avoir, lors de brèves percées nuageuses, une vision absolument unique, sublime, voire effrayante du cratère qui s’offre à nous. Au bout de 4h30 heures de marche, nous atteignons le 2ème refuge et refaisons une petite pause. Ce refuge est situé sur le bord de la caldeira et offre deux salles de 12 m2 en terre battue, souvent boueuses en raison de l’humidité du climat et dans un état bien délabré ! En résumé, nous ne gravissons pas la Montagne Pelée pour le confort de ses gîtes ! Juste à côté se trouve la petite station d’études sismiques. Pendant notre pause, nous voyons arriver un groupe de militaires qui a emprunté l’autre trace permettant d’accéder au sommet et dénommée « Grand Rivière-Grande Savane. ». Cette trace fait 13 km, pour 6 heures de marche et 710 m de dénivelé.

Si vous voyez le sommet de la Montagne Pelée,
vous êtes sûr et certain de revenir un jour en Martinique !

Le parcours est difficile et réservé aux bons randonneurs. D’ailleurs, malgré la bonne condition physique de ces hommes, cela n’a pas empêcher le jeune Capitaine qui dirigeait l’unité de dire en posant son sac à terre : « ouf, ça pique les yeux ! ». Après cette rencontre faite d’échanges sur les belles randonnées qu’offrent le volcan et ses alentours, nous redescendons en direction du premier refuge, en reprenant à nouveau la trace du dôme de l’Aileron. Arrivés en bas, nous regardons une dernière fois en direction du sommet, tout recouvert d’une auréole nuageuse. Oui, la Montagne Pelée ça se grignote, non seulement à cause de l’effort que son ascension nécessite mais également pour la savourer ! Subitement le sommet se dégage. D’après un dicton local : « Si vous voyez le sommet de la Montagne Pelée, vous êtes sûr et certain de revenir un jour en Martinique ! » Tant mieux pour moi alors !

Les gorges de la falaise

Entre jungle et volcan

Le lendemain et sur les conseils des militaires croisés au sommet du volcan, nous décidons d’y retourner mais cette fois-ci pour faire une marche plus courte. En effet, l’aprèsmidi, nous avons prévu de faire une randonnée palmée. Nous jetons notre dévolu sur la randonnée dénommée « Trianon » qui dure 1 heure (uniquement pour l’aller car ce n’est pas une boucle) pour 3,2 km et 374 m de dénivelé. Cette marche est un moyen original de rejoindre les Gorges de la Falaise à Ajoupa- Bouillon.

Le point de départ se situe à nouveau sur la route menant de Morne-Rouge au premier refuge du volcan. La trace descend vers les gorges et permet de bénéficier de beaux panoramas sur la côte atlantique mais également de traverser attention la visite des gorges se fait avec un guide) des massifs forestiers et des exploitations agricoles dont des plantations de cristophines (je vous conseille le gratin de cristophines dès que vous en avez l’occasion !). Puis nous arrivons aux Gorges de la Falaise qui constituent la principale attraction touristique des environs d’Ajoupa Bouillon (attention l’entrée est payante). Le chemin suit le lit d’un torrent nommé la rivière Falaise et qui dévale depuis les hauteurs de la Montagne Pelée. L’érosion a façonné la roche en d’impressionnantes et profondes gorges où l’eau y bouillonne dans un superbe tumulte. Le volcan montre des signes de vie au plus profond de ces véritables cicatrices terrestres. Il faut avouer que l’eau fraîche des cascades est très agréable si la randonnée a lieu pendant les fortes chaleurs. De quoi nous mettre en forme pour le programme qui nous attend cet après-midi. Pour qui le veut, la Martinique est également une destination tonique !

Les Pitons du Carbet

Mais les randonnées autour du thème du volcanisme ne se résument pas qu’à la Montagne Pelée. Parmi les sites les plus courus, on ne peut passer à côté des Pitons du Carbet. Dès que l’on débarque en Martinique, on a l’impression de ne voir qu’eux ! Telles de véritables tours posées au centre de l’île, ils ne semblent n’être que verticalité, mystère et beauté. Ce sont des glaives de lave voulant percer et lacérer le ciel. Les pitons du Carbet forment un ensemble de 5 dômes vieux d’environ un million d’années, des « nouveaux- nés » à l’échelle des temps géologiques. Les sommets étant très rapprochés les uns des autres, c’est ce qui leur donne cette impression d’éminence. D’une altitude se situant entre 1000 et 1200m et s’étendant du nord de Fort de France à Fonds- Saint-Denis, la végétation y est très dense et cache un relief particulièrement découpé et chaotique. Les chemins qui les traversent sont de loin les plus sportifs de l’île.

En arrière plan, le Massif des Pitons du Carbet. Photo : Christian Bapin

Pour le plus grand plaisir des bons randonneurs, de nombreuses randonnées y sont possibles au départ de la station thermale d’Absalon, du Morne Modeste, de Montjoly ou du Plateau Boucher. Nous n’aurons le temps de ne faire qu’un seul des itinéraires balisés, celui ralliant le Piton Boucher, le Piton Lacroix et le Morne Piquet depuis le parking du Plateau Boucher à 650 m d’altitude (l’accès au parking du Plateau Boucher se fait facilement par la Route de la Trace (N3) depuis Fort-de- France). Nous savons que cette marche de 6h30 est réputée très difficile du fait de sa longueur (8km), de son dénivelé (730m) et des conditions d’évolution. Allez, c’est parti ! Après avoir traversé une petite clairière, le plat de consistance se présente rapidement et le sentier prend de la verticalité, comme s’il voulait nous faire escalader le ciel. Pour nous faciliter la tâche, des cordes fixes équipent parfois la trace. Imaginez un environnement de forêt hygrophile (voir Balades N°121) à la végétation dense et rajoutez-y des sentiers étroits, raides et glissants, de la chaleur et une humidité extrême : l’aventure est une fois de plus au rendez-vous ! À partir de 900 m d’altitude, la végétation se fait plus rare et la vue se dégage peu à peu. Vous pouvez alors admirer à la fois la Montagne Pelée et la Baie de Fort-de-France. La fatigue est vite aux oubliettes. La trace nous mène ensuite au sommet du Piton Boucher (1069 m) puis sur une ligne de crête longue de 2 km. Partout la vue est magnifique mais il ne faut pas trop perdre le sentier du regard, car celui-ci peut être « casse-gueule » et la progression est nécessairement lente. Les fougères, orchidées, balisiers… toutes les plantes imaginables dans ce genre de décor s’y sont données rendez-vous ! Nous atteignons alors la limite ouest du Massif donnant sur le Morne Vert et la côte Caraïbe.

Le Morne Larcher semble affronter à lui seul les affres océaniques.

À droite nous pouvons voir le chemin qui monte vers le Morne Piquet (1159 m) et à gauche celle, très raide, qui mène au Piton Lacroix (1197 m). Ce sera sans nous aujourd’hui ! Regarder vers ces sommets vous oppresse littéralement, tant ils sont massifs et exceptionnellement beaux. Et même s’ils sont réservés aux randonneurs entraînés, ils font également partie des randonnées incontournables de l’île.

Direction le Sud

Le lendemain, nous prenons la route du Sud de la Martinique. Même si ce secteur est plus synonyme de plages de sable fin, le volcanisme n’est toujours pas très loin. Telle une figure de proue, le Morne Larcher ne peut passer inaperçu. Vu de loin, sa forme au milieu du paysage ressemble à celle d’une « femme couchée ». Haut de 478 m, il domine le célébrissime « rocher du diamant ». Volcan également éteint, son ascension de 3 km dure 3 h mais est assez difficile. Après avoir traversé des pâturages, nous pénétrons en forêt et la pente s’élève brutalement. De gros rochers volcaniques rendent la progression difficile, d’autant plus qu’elle se fait une fois de plus dans une atmosphère chaude et humide. La végétation paraît inextricable et la marche se fait sur un sentier raide, caillouteux, agrémenté de racines glissantes et de quelques passages à escalader. Bref, un plaisir ! Après cette mémorable ascension, le sentier s’aplanit enfin et contourne le sommet du morne par la droite.

Ne jamais perdre le sentier du regard

La végétation est un peu moins dense et libère un point de vue qui ne vous fera pas regretter les efforts consentis. La vue vous permet d’embrasser l’immensité océane qui vient lécher les plages du Sud de la Martinique. Et puis une récompense attend les randonneurs après leur descente : une baignade dans la délicieuse plage de Petite Anse. On pourrait aussi parler de la Montagne du Vauclin dont la conquête dure 4 heures et est accessible à tous. Vous atteindrez alors le point le plus haut du Sud de l’île et qui permet de flâner au milieu des multicolores jardins créoles.Vous pourrez ainsi aller à la rencontre des meilleurs producteurs de pastèques, melons, oignons, tomates, laitues et bananes. Une véritable symphonie de noms, de couleurs, de parfums qui résonnent aux doux noms de mangues, goyaves, papayes, patates douces et autres cerises pays vous attend. Vous croiserez aussi une chapelle aux cierges sans cesse renouvelés et haut lieu de pèlerinage, en particulier pour le chemin de croix du vendredi Saint. Une fois au sommet, nous dominons tout le Sud de l’île, son littoral, ses récifs coralliens et ses sentiers que nous parcourerons ensemble dans le prochain numéro de Balades.

Photos : Alain Perrier et Christian Bapin ( sauf mention contraire)

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