Un gros caillou de 115 km2 à 20 kilomètres des côtes françaises : Jersey la plus grande des îles anglo-normandes fait presque 15 kilomètres de long sur 8 de large. Si la côte nord granitique est escarpée, et permet des promenades solitaires dans des décors superbes, la côte sud-est elle beaucoup plus densément peuplée et beaucoup plus plate, offrant des vues superbes sur les rochers et les plages qui s’y découvrent sur des centaines de mètres à marée basse. Jersey est donc en pente.

Du sud au nord, cinq vallées façonnent ce petit coin de Normandie à la sauce britannique. Un régal pour les randonneurs, à pied ou à vélo, qui découvriront de très beaux points de vue sur une jolie campagne, à travers de petits chemins creux pleins de charme, souvent bordés de murets parfaitement entretenus. Car malgré la densité de population (100 000 habitants) de nombreux sites ont été préservés.

Tout au Nord Ouest de l’île,le cap Grosnez et ses falaises qui tombent dans la mer.

Pour les cyclistes, une dizaine de circuits sont organisés (une brochure Cycle Jersey est disponible sur le site de l’Office de tourisme de l’île) le tour de l’île le long des côtes (64 km plus de 6 heures) dans le sens des aiguilles d’une montre, est évidemment le circuit le plus long et le plus difficile. Mais rien ne vous oblige à le pratiquer à vélo, mais plutôt à pied. D’autant que les chemins de randonnée, bien balisés, nombreux et variés offrent de nombreuses options de circuits.

À Saint-Hélier, la capitale de l’île, réserve de banquiers en costume-cravate, on pourra visiter les musées de l’île. Le Jersey Museum présente l’intéressante et unique histoire de l’île, tandis qu’à deux pas de là, sur le port, le Musée maritime mérite lui aussi une visite. Enfin, depuis le centre-ville il est possible de prendre un bus pour rejoindre le Jersey War Tunnels. Il s’agit du plus célèbre site de la seconde guerre mondiale de Jersey, un ancien hôpital militaire souterrain aujourd’hui transformé en musée. Les cinq années d’occupation de la seule partie de la Couronne britannique qui ait été conquise par Hitler y sont décrites dans le détail. Comptez une bonne heure et demie sur place.

Balades historiques

De Saint-Hélier on peut partir vers l’Ouest en longeant l’immense plage de la baie de Saint-Aubin, jusqu’à rejoindre le village éponyme. La côte ouest s’atteint après une première montée assez sévère. Les amateurs de vestiges de la Seconde Guerre mondiale feront le détour vers la presqu’île de Noirmont où des passionnés ont remis en état l’énorme batterie allemande Lothringen. Les Allemands ont en effet occupé les îles anglo-normandes jusqu’en mai 1945. À l’extrémité sud-ouest de l’île, on atteint le joli point de vue du phare de la Corbière. La remontée vers le Nord se fait au milieu des dunes et des genêts, en plein vent, le long de la plage de Saint-Ouen, paradis des surfeurs locaux, dont les étangs forment une réserve ornithologique. Nouvelle montée assez rude pour rejoindre tout au Nord. On retrouvera ici les superbes sentiers des falaises « Cliffpath » qui longent la rocheuse côte nord, zébrées de chemins de randonnées en pleine nature.

EN plein vent,
la montée est assez rude

Descente et remontée s’effectuent dans les bruyères ; le randonneur ne croisera que peu d’arbres, mais beaucoup de fleurs, et s’offrira une promenade colorée entre de multiples nuances de verts, et de bleus, ceux du ciel changeant et ceux de la mer, survolée par des mouettes qui planent dans le vent. À la Pointe nord-ouest le paysage est plus désertique, fait de roche, d’ajoncs et de mousses qui poussent au bord de la falaise. À l’exception de quelques impressionnants blockhaus, cette vaste étendue rase est le paradis des lapins et des oiseaux marins. À quelques kilomètres plus à l’Est, ne manquez pas la belle plage de Plémont : cette immense zone de sable fin (uniquement à marée basse) se mérite. Bien abritée du vent, elle se découvre entre rochers falaises et cavernes en descendant une volée de marches. Bonne Nuit Bay est un charmant petit port, offrant une belle vue depuis les quais, avec non loin de là un château transformé en hôtel.

A Gorey, le château Mont Orgueil, ancienne résidence des gouverneurs de Jersey jusqu’au XVIe siècle.

Il reste alors à remonter les chemins pour poursuivre, toujours plus à l’Est la balade à travers les paroisses de St-Mary et St-John, en passant devant « Le trou du diable », une curiosité géologique. On atteint le bord en dix minutes de descente par un sentier très aménagé. Sur place, on fait le tour d’un rocher et on a une très belle vue sur les îles alentours en particulier sur les hauts-fonds de Pater-Noster et les Ecrehous. Toujours plus à l’Est et en quittant la côte on passe devant le zoo de Jersey (Durrel Wildlife park) avant d’atteindre le charmant havre de Rozel. Il est temps de redescendre au Sud à travers la paroisse de Saint-Martin. Une option permet de rejoindre Fliquet Bay : le long de la grande digue Sainte-Catherine, on aperçoit d’étranges châteaux de sable.

Si proche de la France

Quelques kilomètres plus loin se trouve l’impressionnante forteresse de Mont-Orgueil, chargée de cadenasser la côte Est, si proche de la France. Au pied du château, le port de Gorey et ses restaurants multicolores avec terrasses offre une halte gastronomique, devant un joli port d’échouage derrière lequel s’ouvre une baie paisible et calme. Seul le vent dans les drisses, ou le cri d’une mouette poursuivie par un chien (les Jersiens adorent les chiens il existent même un cimetière pour animaux à Saint-Helier) troublent la quiétude du lieu. Les amateurs d’histoire quitteront la côte pour remonter dans la campagne, où ils ne manqueront pas de visiter La Hougue Bie, un tumulus préhistorique associé à un petit musée historique.

La balade sur la Lune !

Il sera alors temps de revenir à Saint-Hélier, en passant par la côte sud, où l’on découvrira l’une des nombreuses tours du XVIIIe siècle qui devaient protéger l’île d’une éventuelle invasion française, comme la tour du Hocq capable de loger une dizaine de miliciens. Au loin, sur les rochers, et découvertes à marée basse, d’autres tours encore plus isolées forment une autre enceinte. Lors des grandes marées (plus de 12 mètres) il est possible de s’y rendre à travers les rochers, accompagné d’un guide spécialisé, pour ce que l’Office du tourisme appelle le « moon walk », la balade sur la lune !

Jersey ne se résume pas à ses côtes

À l’intérieur des terres un réseau de voies rurales de 80 kilomètres appelé « Green Lanes » oblige les véhicules à limiter leur vitesse à 24 km/h (15 miles/h). Les voitures doivent laisser la priorité aux piétons, aux cyclistes et aux cavaliers. Parmi les nombreuses routes possibles, la vallée des Naux qui se parcoure du Nord au Sud est l’une des plus appréciées. On se retrouve dans une vallée étroite, recouverte d’arbres, suivant le cours d’un ruisseau, jalonné de moulins et de coins de nature préservés. Vous croiserez sans nul doute, paisiblement installés dans leurs champs verdoyants, les petites vaches jersiaises dans leur robe fauve. Pour préserver la pureté de leurs vaches, qui s’exportent dans le monde entier, il est interdit d’importer d’autres races sur l’île.

Le charmant petit port de Gorey que domine le château de Mont Orgueil.

Les amateurs de flore seront aussi comblés. Les fleurs, une passion jersiaise, sont partout et chaque jardin semble être entretenu avec un soin presque maniaque.

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