«Etrange Montagne, dressée dans un pays de plaines et de collines, à la fois objet de lumière et point de convergence des regards, rempart, sauvegarde, horizon, signe et monument de la nature »… La Sainte-Victoire s’étire majestueusement sur 18 km et culmine à 1011 m d’altitude pour mieux plonger vertigineusement. Elle déroule sous nos yeux sa blancheur minérale qui, au fil des heures, prendra de merveilleux tons bleus, gris, noirs, violets, rouges, orangés …

Au détour du sentier,
on croit plonger dans un tableau de Cézanne

À deux pas de la civilisation et de l’urbanisation, entrons de plain-pied dans un véritable petit paradis préservé qui inspira un florilège de peintres, Derain, Manguin, Picasso, Kandinsky, Duby, Picabia, Ziem… De ce côté, la Sainte-Victoire dresse fièrement ses flancs secs et rocheux vers le ciel, s’adoucissant plus bas en pentes douces tapissées de garrigues éparses à chênes kermès ou à romarins, héritées d’une longue activité pastorale, puis boisées de vert sombre, pins d’Alep et chênes verts. Les euphorbes s’invitent un peu partout, avec leurs fleurs jaunes ou blanches, leurs feuilles longues et étroites et leurs tiges rouges gorgées latex. On pénètre en sous-bois de garrigue, où poussent le laurier-tin, le genévrier, la bruyère, le pistachier lentisque, l’arbousier, le ciste, la filaire et la coronille aux chatoyants bouquets jaune d’or. Ici une pâture à moutons sur les espaces caillouteux, plus loin une friche, puis d’anciennes restanques ponctuées d’oliviers.

Balade artistique entre Sainte-Victoire
et gorges des Infernets

Régulièrement, au détour du chemin, la Sainte-Victoire semble jaillir de toute sa hauteur, incroyable forteresse minérale. On s’offre de sublimes points de vue les carrières de Bibémus et le Château-Noir, ou encore les gorges impressionnantes du vallon des Infernets. Au loin, le paysage champêtre est ponctué de bastides et mas dispersés, bouquets de cyprès, oliveraies et pinèdes de pins d’Alep. On découvre ici un pigeonnier, là une série de cabanons ou un muret de pierre sèche. Au loin, les coteaux caillouteux portent des vignes, surplombant des parcelles de cultures, lavande, céréales et maraîchage. Au printemps, les prairies ouvertes se piquent d’orchidées sauvages. Le sous-bois résonne des chants d’oiseaux, fauvette passerinette, rossignol ou encore le pinson des arbres, joyeux habitant des pins émergeant au-dessus de la garrigue. Plus haut, plane le faucon kobez chassant quelque proie.

Des paysages dont on comprend que les peintres y puisèrent leur inspiration.

Au fil de la randonnée, on découvre le barrage de Bimont qui retient jusqu’à 40 millions de m3 d’eau, provenant essentiellement du Verdon. Ou encore le barrage Zola construit par le père du célèbre écrivain, François Zola en 1854. Cette balade artistique est une longue série de tableaux de Cézanne grandeur nature, et l’on comprend mieux pourquoi ils furent si nombreux à venir dans son sillage, Derain, Manguin, Picasso, Kandinsky, Duby, Picabia, Ziem et d’autres encore…

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