Le Pays millénaire resté à taille humaine, où les visiteurs sont toujours accueillis en invités, le Portugal dispose d’une diversité géographique à couper le souffle. C’est en parcourant la région centre que l’on peut en découvrir tous les visages encore préservés des hordes touristiques. Sur la route, en venant de Lisbonne, placés sous la protection Notre-Dame-de-Fatima, nous arrivons à Coimbra, posée sur une colline dominant le Rio Mondego, à quelques kilomètres de l’Océan.

Avant de découvrir les trésors de la ville, fière de son université légendaire, plongeons-nous quelques instants dans l’Histoire avec une visite au monastère de Santa Claraa-Velha, Sainte Claire la Vieille. Classé monument national, ce site archéologique (XIV-XVIIe siècle) est une initiation à l’histoire religieuse du Portugal. Fondé en 1283, le couvent fut confié à l’ordre des Clarisses, ordre catholique créé en 1212. La reine sainte Isabelle d’Aragon s’y retira après la mort de son royal époux et en fit reconstruire l’église dans le style gothique. L’édifice fut consacré en 1330, mais, victime des inondations du Mondego qui chaque hiver sortait de son lit, le vieux couvent finit par être abandonné en 1677. La cafétéria du monastère, quant à elle, propose d’authentiques et solides plats du jour, tels que la morue à la crème qu’on accompagnera d’un petit verre de Bucelas, un vin blanc sec…

À la découverte de Coimbra

« La ville du savoir » se découvre à pied et se laisse alors apprivoiser dans la bonne humeur. On se sent bien à Coimbra, bercé par la douceur d’une vie estudiantine. Commençons par une visite de l’université, la fierté nationale. Fondée à Lisbonne en 1290, elle fut transférée définitivement au Palais Royal de Coimbra en 1537. Aujourd’hui, pas moins de 8 facultés composent l’université de Coimbra, qui héberge 20 000 étudiants et demeure l’université la plus cosmopolite du Portugal ! Le Paço das Escolas, ou palais des Ecoles, également connu sous le nom de Pátio da Universidade (cour de l’Université), continue de marquer l’histoire de la ville. Ne manquez pas de visiter la chapelle de São Miguel, la tour de l’Université – dite « la chèvre » –, la Via Latina, l’ancien collège de São Pedro sans oublier la majestueuse bibliothèque Joanine, de style baroque, construite en 1717.

Coimbra, capitale culturelle la région centre, demeure la ville du savoir.

Partout, on croise des cohortes d’étudiants drapés dans leur cape noire, la capa e batina – littéralement cape et redingote –, portée à la fois par les filles et les garçons, sous laquelle on distingue une chemise d’un blanc toujours immaculé… Une tradition qui rappelle les origines médiévales d’une des plus vieilles universités du monde, rivalisant avec la Sorbonne et Oxford. Naguère délaissée, la cape est parvenue à traverser les âges pour le plus grand plaisir des jeunes lettrés. Coimbra et son université seraient bien tristes sans cette jeunesse un rien mutine, comme en témoignent les Republicas, nées à la fin du XVIIIe siècle et destinées à faire face aux problèmes de logement que rencontraient – déjà les jeunes gens de l’époque. Ces « républiques » sont ni plus ni moins que des maisons particulières où les étudiants s’installent en colocation et où chacun, à tour de rôle, se voit contraint de gérer les comptes de la « republica ». Très souvent décorées selon l’humeur des locataires, ces demeures se découvrent près de la praça da Republica, la place de la République, et du superbe Jardin botanique.

Une balade romantique
sur un air de fado

Les murs de la ville prennent vie sous les graffitis satiriques souvent à connotation politique. Si les échoppes pour touristes pressés ne manquent pas, Coimbra mérite que l’on se perde dans ses rues à la découverte d’adresses authentiques : bars et restaurants populaires bon marché, à la cuisine généreuse et à l’ambiance rieuse. Locaux et étudiants ne manqueront pas de vous ouvrir les portes d’un Portugal attaché au passé et pourtant résolument tourné vers l’avenir. Coimbra est un univers où le savoir communie avec la fête, une terre de légendes hébergée à la Quinta das Lagrimas, où la belle Inès de Castro – qui inspira sa «Reine morte » à Henry de Montherlant – venait rencontre son amant Pedro, futur roi du Portugal.

En marche pour las Penhas Douradas

Quittons cette enivrante agitation estudiantine, pour une heure plus tard savourer le silence de la montagne de l’étoile, la Serra da Estrela, 100 000 hectares d’une nature parsemée de chemins de moyenne et grande randonnée.

Le Parc Naturel de la Serra da Estrela est un lieu d’exception. S’étendant sur plus de 100 mille hectares répartis sur six communes. Cet espace a été le premier parc naturel á être créée au Portugal, devenant ainsi la plus grande zone protégée du pays.

Cet espace préservé, culminant à 2000 m, est à découvrir tôt le matin. À pieds on évolue de la vallée glaciaire du Rio Zêzere à la désertique Penhas da Saúde, la commune la plus froide du pays. Nous vous conseillons de glisser dans votre sac un coupe-vent et une polaire. Comme le soulignent, non sans poésie, le guide : « En ce qui concerne la direction à prendre, vous ne pouvez pas vous tromper : montez toujours vers le ciel. »

Cette agréable balade, d’une durée d’environ 4 heures ne présente aucune difficulté particulière et ponctuée d’escales panoramiques, offre une stupéfiante découverte de las Penhas Douradas.

Posé au cœur de la Serra da Estrela, la Casa das Penhas Douradas est un hôtel-spa au design contemporain, perdu dans un environnement minéral. Les randonnées commencent aux portes de cet établissement nature qui propose un dîner original exclusivement réalisé avec les produits de la région. Après une nuit douillette en altitude et des randonnées vivifiantes, cap sur Costa Nova, une originale station balnéaire au charme préservé.

La cité lacustre d’Aviero se découvre à pied en parcourant les chemins de l’Art nouveau.

Les maisons de pêcheurs aux couleurs vives sont devenues des résidences secondaires très prisées, qui bordent la promenade le long de la lagune glissant vers Aviero. Ses canaux, sur lesquels naviguent les moliceiros, sortes de gondoles qui servaient jadis aux transports des algues, confèrent à cette ville industrielle des allures de Venise. Le centre d’Aviero ne manque pas de cachet. Ici et là, les azuléjos, ces carreaux de faïence célèbres dans le monde entier, rivalisent avec l’azur d’un ciel insolemment bleu.

On se laisse volontiers séduire par l’un des restaurants de poissons installés sur les docks. Si le bacalhau, la morue, demeure le plat traditionnel – on affirme qu’il en existe au moins 365 recettes différentes – les coquillages, la caldeirada, sorte de bouillabaisse locale, ou encore le leitão assado, cochon de lait à la peau croustillante, soulignent la richesse de la gastronomie portugaise.

Balade gastronomique

Partie intégrante du patrimoine national, la cuisine lusitanienne compose un véritable festival de couleur et de saveurs où chaque plat est une invitation au voyage. Après avoir traversé les stations thermales au charme désuet de Luso et Curia, nous mettons le cap sur Buçaco pour une agréable randonnée à travers une forêt préservée, peuplée d’inquiétantes fougères arborescentes, de cèdres, d’eucalyptus, de magnolias… Plus de 600 espèces végétales y ont été recensées. Bercé par des essences rares venues des cinq continents, le randonneur se laisse  surprendre par l’irréel Palace do Buçaco. Les derniers rois du Portugal firent de cet ancien monastère un pavillon de chasse baroque débordant d’originalité. Devenu en 1917 un hôtel au luxe époustouflant, le Palace occupe une place enviée dans le hit-parade des plus beaux établissements hôteliers du monde. Inoubliable ! Comme la région Centre du Portugal, où semble palpiter le cœur du pays

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