C’est une destination incontournable que l’on peut découvrir de l’avion avant de se poser à Nice, en voiture, en bateau et même en train mais prendre son temps et marcher le long du littoral restera l’un des plus beaux souvenirs de mémoire de randonneur.
Différentes possibilités s’offrent pour des balades plus ou moins longues mais nous conseillons aux néophytes de commencer par le tour du cap Ferrat en empruntant le sentier du littoral.

D’une baie à l’autre

En voiture, laissons Villefranche-sur-Mer, et le charme méridional de son port, celui de son village aux antiques maisons de ville étagées en camaïeu d’ocres, pour prendre la direction de Saint-Jean-Cap-Ferrat et garer la voiture devant l’office du Tourisme pour rejoindre à pied le Chemin de Passable, point de départ de cette balade.

Nous empruntons des escaliers qui descendent, en bordure de mer, à la plage de Passable, nichée au coeur de la baie. Une vue panoramique exceptionnelle se dévoile. D’un seul coup d’oeil nous découvrons Villefranche-sur-Mer et sa citadelle, le mont Alban et le mont Boron.

Criques insoupçonnées
et recoins ombragés

Par le Chemin du Roy nous rejoignons le sentier du littoral. Il faut éviter de programmer cette balade par vents violents car ce sentier en encorbellement sur les rochers peut s’avérer dangereux. Nous surplombons quelques criques secrètes et cachées et, parfois nous pouvons lier connaissance avec des plongeurs amoureux de ces lieux. L’un deux nous a même raconté une histoire de grotte paléolithique immergée dans son territoire de plongée et connue de lui seul…

Au-dessus de nous c’est un autre monde, celui des villas de luxe bardées de caméras et d’enceintes inviolables. Ces malheureux n’ont même plus accès à leurs plages ou à leurs débarcadères privés depuis que la loi Littoral les a privés de ces droits. Ces pontons désaffectés font désormais le bonheur des habitués des lieux, surtout par beau temps.

Le chemin est parfaitement entretenu et ombragé par des pins parasols et il existe même un coin de paradis avec banc de pierre pour des lecteurs amoureux du grand large. Depuis la pointe de la Cuisse, nous longeons un terrain militaire dominé par le sémaphore. À cet endroit, il est possible d’écourter la balade en remontant par les escaliers pour rejoindre la route du Cap.

A partir de là nous sommes dans un désert minéral entouré d’eau, c’est l’appel du grand large… Avant d’arriver au phare, au-dessus de nous, se trouve la mythique villa Santo Sospiro décorée par Jean Cocteau. La pointe Mélalongue, dominée par le phare est la pointe la plus septentrionale du Cap avec une vue qui s’étend du cap de Nice jusqu’à l’Estérel. Prenant à l’Est nous passons, à la pointe Causinière, devant les palissades du Grand hôtel du Cap Ferrat, hôtel cinq étoiles, fleuron de cette côte dont nous ne pourrons admirer la très réputée piscine à débordement.

Notre sentier longe ensuite, pendant, au moins deux kilomètres, les murs d’enceinte des plus belles villas du littoral conçues par des architectes prestigieux tel que l’Américain Norman Foster pour ne citer que lui…

La villa Ephrussi de Rothschild ©Pierre Behar Balloïche photo

La pointe Saint-Hospice

Nous atteignons les premières villas de Saint-Jean et bifurquons sur la droite, à la pointe des Fosses, pour prolonger notre promenade par la pointe de saint Hospice qui s’étend vers l’Est. Pendant quelques mètres nous sommes sur une route goudronnée bordée de villas et
nous retrouvons le sentier littoral à la pointe des Fossettes où le jardin de la Paix fait office de jardin d’agrément. Le sentier se poursuit au Sud, en sousbois, jusqu’à la Pointe du Colombier, avant de repartir vers l’Est jusqu’à l’intersection avec la Traverse Edmund Davis.

La pointe de Saint-Hospice, offre une belle vue sur Monaco. Le chemin frôle les rochers rongés par le sel et les embruns. Leurs anfractuosités abritent criste marine et anthyllis, que l’on peut reconnaître en lisant les panneaux signalétiques. A Saint-Hospice, nous découvrons, d’abord en contrebas, l’émouvant cimetière belge des victimes de la Première
Guerre mondiale, tiré au cordeau et fleuri en toutes saisons.

Un impressionnant ex-voto domine le site : une statue en bronze de 11,40 m de haut, une vierge noire à l’enfant à l’allure d’une poupée XIXe siècle. Nous grimpons encore quelques marches avant d’atteindre la chapelle Saint-Hospice élevée à l’endroit où vécut au VIe siècle l’ermite Hospitius. Nous regagnons le rivage en marchant vers l’Ouest avec vue sur Beaulieu-sur- Mer. Par un dernier chemin en bord de mer nous arrivons à la plage de Paloma dans l’anse du même nom.

De là nous devons traverser la commune de Saint-Jean d’Est en Ouest par la route qui remonte pour retrouver notre parking, au-dessus de Passable, devant l’office du tourisme, après vingt minutes de marche. Mais peu importe ce dernier kilomètre urbain tant notre balade sauvage et maritime nous a conduit vers le grand large, loin des voies touristiques habituelles, d’où nous revenons la rétine chargée d’images, baignés d’embruns et parfumés aux essences méditerranéennes.

Facile – Distance : 7 km – Durée : 2h – Dénivelé : 200 m

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