Deux bois (pour une surface totale de 1841 hectares), seize parcs, 137 jardins, 274 squares, sans oublier huit promenades et quatre esplanades… Tel est le chiffrage précis de ses espaces verts que la ville de Paris affiche sur son site Internet. Encore ce bilan ne tient-il pas compte de ces havres de nature que sont ses cimetières et ses contre-allées boisées, nombreuses dans l’ouest de la capitale. On se demanderait presque s’il reste encore de la place pour les immeubles et les bureaux dans une ville aussi verte ! La Fédération française de randonnées ne s’y est d’ailleurs pas trompée, qui propose vingt-sept promenades originales dans Paris intra-muros (voir la partie pratique). Chacune permet de découvrir la capitale sous un angle inédit et toujours plaisant.

Les belvédères des Buttes- Chaumont offrent des vues imprenables sur l’est parisien.

Inter : Des randonnées accessibles

Lorsqu’on randonne dans Paris, le plaisir et le confort sont en effet toujours au rendez-vous : tous les circuits sont faciles d’accès (à moins de cinq cents mètres d’une station de métro ou d’un arrêt de bus), restaurants et guinguettes abondent à proximité immédiate pour le repos des guerriers, sans parler de ces merveilleuses « fontaines Wallace » qui dispensent toujours de l’eau potable aux passants assoiffés, dans tous les endroits stratégiques de la ville et de ses parcs, un siècle et demi après leur installation par un mécène britannique. Ajoutons un atout de taille qu’apprécient les amateurs de marche parisiens : toutes ces randonnées sont accessibles au plus grand nombre, et notamment aux familles. Enfin, elles ne présentent strictement aucune difficulté, et encore moins de danger. Le « pic » culminant de ces promenades se situe en effet au sommet de la colline des Buttes-Chaumont (103 mètres d’altitude), qui ne domine elle-même que d’une trentaine de mètres les rues voisines !

Napoléon III est à l’origine de la plupart des bois et parcs de Paris

Prévenons toutefois les amoureux de « vraie nature » : rien, ici, n’est « naturel ». Tous nos parcs parisiens sont des créations purement artificielles, nées il y a 150 ans de la volonté de l’empereur Napoléon III, qui les finança en grande partie sur sa bourse personnelle : pour avoir été longtemps exilé à Londres, dont il admirait les nombreux parcs, ce prince décida de doter Paris d’espaces verts équivalents. Pendant que le baron Haussmann modernisait le tracé des rues et lotissait à tour de bras de nouveaux quartiers, deux de ses adjoints, l’ingénieur Jean-Charles Alphand et le paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, multipliaient les créations d’espaces verts : les bois de Vincennes et de Boulogne, aux extrémités est et ouest de la capitale, mais aussi les Buttes-Chaumont, les parcs Monceau et Montsouris, etc.

Tout, dans ces espaces
verts, a été pensé et
aménagé par l’homme :
la végétation, les allées,
les cours d’eau…

Auparavant, Boulogne et Vincennes n’étaient que des terrains d’entraînement pour l’armée, l’un pour la cavalerie, l’autre pour l’artillerie (plusieurs sites du bois de Vincennes évoquent encore ce passé militaire : Cartoucherie, Butte aux canons, route des Batteries…). Quant aux Buttes-Chaumont, longtemps laissées en friche,  c’était une colline pelée et mal famée, truffée de galeries de mines d’où l’on extrayait la « pierre à plâtre ».

Partout, il fallut beaucoup planter, mais surtout amener de l’eau, tantôt puisée dans la Marne, tantôt dans la Seine, tantôt dans les nappes souterraines, et créer de toutes pièces un véritable réseau hydrographique. La rivière d’Armenonville, à Boulogne, ou la rivière de Charenton, à Vincennes, dont les méandres semblent paresser si naturellement entre les arbres, sont donc de pures inventions de paysagistes ! Une seule exception : le charmant petit étang de Saint-Mandé, au nord-ouest du bois de Vincennes, qui préexistait à tous ces aménagements.

Trois sites très prisés des promeneurs dans le nord du Bois de Boulogne : de gauche à droite, le lac Inférieur, la mare Saint-James dominée par la fondation Louis-Vuitton et la rivière d’Armenonville.

De nombreux musées près des parcs, ou carrément à l’intérieur, comme la Fondation Louis-Vuitton

C’est encore Napoléon III qui souhaita que chacun de ces bois et de ces parcs, qui étaient censés favoriser la « régénération du peuple » par la pratique de l’exercice physique en plein air, soient aussi des lieux de culture et de distraction. Une tradition poursuivie par la suite, qui nous vaut une multitude d’établissements de qualité que l’on pourra visiter à l’occasion d’une promenade dans ces parcs : cité de l’histoire de l’immigration (ex-musée des colonies) à la Porte-Dorée, château, arboretum, zoo et parc floral à Vincennes, serres d’Auteuil et roseraie de Bagatelle dans le bois de Boulogne, sans oublier bien sûr la toute récente fondation Louis-Vuitton et son musée d’art moderne, dont la structure étonnante, œuvre de l’architecte Franck Gehry, surplombe les manèges du Jardin d’Acclimatation. Rien d’étonnant, avec une telle profusion de centres d’intérêt, si ces grands parcs attirent autant de visiteurs : bon an, mal an, Boulogne et Vincennes accueillent chacun près de dix millions de promeneurs dans leurs allées.

On l’aura compris, les trois circuits que nous vous proposons ci-dessous ne sont que des suggestions que chacun aura à cœur d’accomoder à sa « sauce » : de multiples variantes restant envisageables en fonction de ses centres d’intérêt, de ses envies et de ses capacités physiques. De même, nous nous sommes limités au trois principaux parcs de Paris, les plus « sauvages », les plus dépaysants et les plus vastes – à savoir les bois de Boulogne et de Vincennes et le parc des Buttes-Chaumont – mais bien des circuits passionnants peuvent s’organiser au parc Montsouris, voire dans le jardin des Tuileries, par exemple…

  1. Dans les pas de Proust au Bois de Boulogne

Le tour complet du Bois de Boulogne par les extérieurs, comme d’ailleurs celui du Bois de Vincennes, représente, à peu d’hectomètres près, quinze kilomètres, comme le savent les innombrables joggers et cyclistes qui les fréquentent. Mais on aura évidemment intérêt à s’enfoncer dans le bois pour échapper au bruit et à la pollution des voitures, plutôt qu’à rester à sa périphérie. Sa surface totale est de 846 hectares. La forêt domine dans la partie nord, la pelouse et les bosquets dans le sud.

Le circuit que nous vous proposons, long de 8,5 kilomètres, fait la part égale entre ces deux visages du Bois. Il présente l’avantage de commencer et de se terminer quasiment à l’entrée de deux bouches de métro : départ Porte Maillot (ligne 1), retour Porte Dauphine (ligne 2).

On suit d’abord la voie ferrée du petit train qui mène les familles jusqu’au Jardin d’Acclimatation, ouvert en 1860, via un chemin de terre parallèle à la route de la Porte des Sablons. L’ancêtre de ce petit train, aujourd’hui électrifié, était tiré par des poneys. Au niveau du Jardin, on traverse le carrefour routier et l’on emprunte à gauche une délicieuse allée en sous-bois qui fait passer le promeneur par la prairie de l’Ile aux Cèdres, domaine bucolique abandonné aux corbeaux et à deux couples de hérons sédentarisés. Deux petits ponts plus loin, on atteint la route Sablonneuse, que l’on suit jusqu’à la mare de Saint-James. Á main droite, la haute silhouette du « nuage de verre », le tout nouveau musée d’art moderne (Fondation Louis-Vuitton) vous servira de repère.

On contourne la mare dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, en s’autorisant au besoin une halte sur la terrasse de la guinguette établie à l’extrémité ouest de la mare de Saint-James. Ici, c’est plutôt le royaume des oies bernaches, des joggers et des promeneuses de chiens. Ensuite, on pique au sud, sur la Porte de Madrid. On traverse l’allée de la Reine Marguerite (seule voie rectiligne du Bois avec l’allée de Longchamp) et l’on suit le très plaisant chemin de terre qui contourne le parc de Bagatelle en dominant la pelouse où se dépensent footballeurs et rugbymen et, au loin, la Seine.

Dans ces parages, impossible de ne pas avoir une pensée pour le petit Marcel, dont les toute dernières pages de « Du côté de chez Swann » sont consacrées à ses promenades au Bois dans l’attente du passage de la jeune Gilberte et de sa mère. Á cette époque, l’allée de Longchamp s’appelait « allée des Acacias » et les allers-retours subtils des calêches transportant des belles dames en crinoline faisait se pâmer les Messieurs en hauts-de-forme autant que les ados en culottes courtes :

« Comme j’avais appris que Madame Swann se promenait presque chaque jour dans l’allée des Acacias, autour du Grand Lac, et dans l’allée de la Reine Marguerite, je dirigeais Françoise du côté du Bois de Boulogne. Il était pour moi comme ces jardins zoologiques où l’on voit rassemblés des flores diverses et des paysages opposés, où après une colline on trouve une grotte, un pré, des rochers, une rivière, une fosse, une colline, un marais… »

Rochers et marais, on les retrouve au bout de ce chemin de Bagatelle, au débouché de la Grande Cascade. On peut y déjeuner dans la cadre splendide (et coûteux) du restaurant du même nom (voir partie pratique), ou chez son voisin moins connu, l’Auberge du Bonheur (un peu plus abordable et tout aussi bucolique). En remontant vers le nord, on suit successivement le chemin des Réservoirs et le ruisseau de Longchamp, en laissant à main droite le monument des Fusillés et le Pré-Catelan. Á hauteur du Pavillon Royal, on bifurque à droite pour rejoindre le carrefour du Bout-des-lacs. Belle vue sur le lac Inférieur et sur la tour Eiffel, toute proche. Possibilité de location de canots, de vélos et même de poneys.

On rejoint enfin la Porte Dauphine par un chemin de terre joliment ombragé, parallèle à la route de Suresnes.

2. De lac en lac au Bois de Vincennes

Un peu plus vaste que le Bois de Boulogne, le Bois de Vincennes (995 hectares) se caractérise par ses sous-bois touffus qui procurent souvent au promeneur le sentiment plaisant de se retrouver en pleine nature. La randonnée que nous vous proposons a le mérite de vous faire découvrir les quatre lacs qui l’agrémentent. Longue de quinze kilomètres, cette promenade peut facilement être ramenée à sept ou huit par ceux qui le souhaitent, à partir des nombreuses variantes que chacun peut se concocter selon sa forme du moment : pas plus qu’au Bois de Boulogne il n’est possible de « se perdre » au Bois de Vincennes !

Vincennes est le plus
densément boisé,
Boulogne le plus varié,
les Buttes-Chaumont
le plus accidenté.

Départ au Chalet du Lac (voir partie pratique), un ancien pavillon de chasse de Napoléon III que l’on trouve facilement, à l’orée nord-ouest du Bois, et à seulement 400 mètres de la sortie de métro Saint-Mandé-Tourelles (ligne 1). De là, on « plonge » vers le lac de Saint-Mandé, le seul étang naturel de tous les « bois » parisiens. Canards, poules d’eau et bernaches sédentarisées y abondent.

On emprunte ensuite, à droite, la route du Lac de Saint-Mandé, on traverse l’avenue Daumesnil et l’on poursuit route du Lac jusqu’au centre équestre de l’UCPA. On prend alors à main droite la route de la Tourelle, puis encore à droite la route des Batteries, qui conduit en pente douce jusqu’à notre deuxième lac, le lac Daumesnil, dont on entreprend de faire le tour dans le sens contraire des aiguilles d’une montre.

Au coeur du Bois de Boulogne, le lac Inférieur et le restaurant du Chalet des Iles.

On laisse à droite le parc zoologique dont le célèbre rocher (qui vient d’être réhabilité) domine le paysage. Nombreuses occasions de prendre un peu de repos et de se sustenter à hauteur de la Porte Dorée. Plusieurs possibilités de visites, également, dans ces parages : le très beau musée de l’immigration (ex-musée des colonies, bâti à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931), l’île de Reuilly et son Temple d’Amour (au milieu du lac), le temple bouddhique (autre rescapé de l’expo coloniale) ou la Célèbre Cipale Jacques Anquetil, que l’on atteint en prenant sur la droite la route Domaine Pérignon. Cette Mecque du cyclisme sur piste qui connut plusieurs arrivées du Tour de France est également dotée d’un restaurant.

De retour à l’extrémité est du lac Daumesnil, on prend à droite le chemin qui suit le cours du ruisseau de Gravelle. Il s’agit en fait d’un tronçon du GR14, bien abrité par des arbres splendides. Deux kilomètres plus loin, on atteint la Ferme de Paris (qui se visite) et la partie sud de l’hippodrome de Vincennes, royaume du trot attelé où se déroule chaque année le fameux Prix d’Amérique. Trois cents mètres plus loin, le minuscule lac de Gravelle (réservé exclusivement à la pêche à la mouche fouettée) est contigu aux pistes de l’hippodrome. Dépasser la redoute de Gravelle par la gauche et pousser jusqu’à l’arboretum et à l’Ecole d’horticulture. Le GR14 part alors sur la droite, pour gagner la banlieue est, mais nous poursuivons plein nord par une piste cavalière, puis par la route de la Ferme, enfin par la route des Cascades. En suivant un ruisseau, on débouche, à gauche, sur le lac des Minimes, notre dernier point d’eau.

Le retour sur le fort et le château de Vincennes (tête de station de métro de la ligne 1) s’effectue par un chemin qui emprunte le parcours du GR-pays, lequel alterne pelouses et bosquets de platanes centenaires.

3. Prenez de la hauteur aux Buttes-Chaumont

Ce n’est pas un « bois », mais seulement un « parc » (24,7 hectares), mais ses cinq kilomètres d’allées et ses nombreux recoins bucoliques offrent l’occasion d’un vrai dépaysement, sans parler des vues surprenantes qu’il offre sur Paris depuis ses nombreux belvédères. Un seul mauvais point (provisoire) : des travaux de réhabilitation de grande ampleur sont en cours et certaines parties du parc restent inaccessibles.

Pour allonger un peu la promenade, nous vous proposons une incursion hors du parc, mais dans sa proximité immédiate, pour découvrir un quartier insolite, l’un des moins connu de Paris, la Mouzaia. Très vert (du fait de ses nombreux micro-jardins particuliers), il est constitué de petits pavillons qui constituent autant de maisons de poupées bâties sur les anciennes carrières (où l’on ne pouvait pas édifier d’immeubles).

De multiples variantes sont envisageables

Ces maisons de pauvres s’arrachent aujourd’hui à prix d’or ! Cette (courte) promenade hors du parc débute à la sortie de la station de métro Danube (ligne 7 bis). On s’offrira quelques détours dans la Mouzaia, généralement exempte de touristes et de curieux, en arpentant les rues qui entourent l’église Saint-François-d’Assise : rue Compans, rue de Bellevue, rue de la Liberté…

La redescente par la rue Brunet débouche sur la station de métro Botzaris et sur l’une des entrées du parc des Buttes-Chaumont. On attaque alors la partie purement « verte » de la randonnée. Á partir de ce point, de multiples variantes sont envisageables. Nous vous proposons de commencer par descendre l’allée qui longe la rue de Crimée. La descente se termine sur un pont surplombant l’ancienne voie ferrée qui amenait les animaux destinés à la boucherie à La Villette (gare Paris-Bestiaux, sic). Un virage à gauche conduit à un joli belvédère, puis la descente continue jusqu’au niveau du lac. En empruntant un chemin qui remonte à flanc de coteau, on débouche sur l’avenue Michal et sur une autre entrée du parc, face à la mairie du XIXe arrondissement.

Á partir de là, on peut s’accorder une halte au Pavillon du Lac ou continuer en direction de la passerelle suspendue (« Pont des suicidés » !) qui donne accès à la petite île et au temple de la Sybille. La grimpette vous a coupé les jambes ? Le reste sera surtout en descente : visite de la grotte et de la cascade, avec quand même une modeste reprise d’altitude par l’avenue de Puebla pour admirer les vues superbes sur Paris et, au besoin, s’accorder une halte sur les pelouses accueillantes.

On profitera de la proximité de la porte Fessart et du métro Buttes-Chaumont (ligne 7 bis) pour ressortir du parc, à moins qu’on en redemande et qu’on reprenne les allées qui longent la rue Botzaris pour revenir au point de départ. Au total, on sera surpris d’avoir marché près de six kilomètres dans cet espace vert minuscule, sans être pratiquement jamais repassé deux fois au même endroit !

Lapins urbains, chats sauvages et hérons sédentaires

Bien sûr, il y a les lapins du rond-point de la Porte-Maillot, en lisière du Bois de Boulogne. On peut les apercevoir par dizaines, certains soirs, dressés sur leur séant à quelques mètres d’un trafic automobile qui ne semble guère les affecter. Mais on trouve aussi, dans nos parcs parisiens, une faune très diversifiée d’animaux sauvages ou retournés à l’état sauvage, comme les perruches ou comme ces bandes de chats abandonnés qui chassent le rongeur en meute du côté de la Porte de Saint-Cloud. Il y a aussi les chevaux, bien sûr. De course sur les trois hippodromes parisiens (Longchamp, Auteuil et Vincennes), ou de concours complet (à l’Etrier de Paris, allée de Longchamp, ou au centre Bayard de l’UCPA, à Vincennes). Sans oublier les montures de la garde républicaine, cantonnées au quartier Carnot, à proximité du château, ni les poneys de location sur lesquels tant de petits Parisiens ont connu leur seule expérience d’équitation.

Mais ce sont les oiseaux qui apprécient le plus nos parcs urbains. Plusieurs espèces autrefois migratrices s’y trouvent même si bien, et si douilletement accueillies en toutes saisons, qu’elles ont décidé d’y hiverner depuis quelques années. C’est notamment le cas de l’oie bernache ou du héron. Des espaces protégés, vierges de toute intervention humaine, leur sont désormais alloués dans plusieurs réserves ornithologiques, au sud du château de Vincennes et allée de Lonchamp, à proximité de la Grande Cascade de Boulogne.

Coaches de marcheurs et promeneurs de chiens, deux métiers en plein boom !

Les bois et parcs parisiens font vivre des centaines de personnes. Il y a bien sûr les nombreux fonctionnaires préposés à leur entretien ou à leur protection (250 rien que pour le Bois de Boulogne) : jardiniers, bûcherons, fontainiers, gardes à cheval, à pied ou en vélo, cantonniers, etc. Mais on y découvre aussi d’innombrables petits métiers de toutes natures : promeneurs de chiens, ramasseurs de bois mort, de pissenlit ou de noisettes (une spécialité des Asiatiques), sans oublier les « coaches » de marcheurs. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à entraîner des troupes d’une dizaine de promeneurs plus ou moins sportifs à travers les allées de Vincennes ou du Bois de Boulogne. On y rencontre aussi certaines « dames du Bois de Boulogne » (aussi nombreuses, d’ailleurs, au Bois de Vincennes). Mais il ne s’agit pas là, c’est le moins qu’on puisse dire, d’un « nouveau métier »…

Un élu dévoile ses parcours secrets dans le Bois de Boulogne

Le député-maire de Neuilly-sur-Seine, Jean-Christophe Fromentin, est un adepte de la voile, mais aussi un marathonien (meilleur temps : 3H.20’) et surtout un randonneur familier du Bois de Boulogne. Il a institué dans sa ville un rendez-vous hebdomadaire, « Neuilly 9:30 » : chaque dimanche matin, à l’heure indiquée, une cinquantaine de ses administrés des deux sexes, jeunes ou vieux, valides comme handicapés, se retrouvent devant la mairie pour une heure de randonnée dans le Bois de Boulogne. Certains marchent, d’autres trottinent, mais peu importe !

« Nous entrons dans le Bois à hauteur de la Porte des Sablons. Devant l’entrée du Jardin d’Acclimatation, nous attaquons plein sud une allée boisée parallèle à la route de la Porte-Dauphine. Nous traversons ensuite l’allée de Longchamp et gagnons le lac Inférieur via la route de Suresnes. Tour du lac dans le sens des aiguilles d’une montre en empruntant le chemin qui longe la rive au plus près, de façon à « travailler les buttes », spécialement casse-pattes (j’y ai laissé une malléole il y a quelques années). Á l’extrémité du lac, nous soufflons deux minutes pour attendre les retardataires. Le retour de ce petit tour (six kilomètres environ) s’effectue de la même façon ; mais souvent, quand le groupe est costaud, nous descendons jusqu’à la Grande Cascade via l’avenue de l’Hippodrome, avec retour par l’allée de Longchamp, puis l’allée de la Reine-Marguerite (huit à dix kilomètres, cette fois, selon les variantes). »

La nature n’a besoin de personne !

Après la terrible tempête de décembre 1999 qui, en une nuit, a jeté à terre des centaines d’arbres vénérables, les jardiniers des bois parisiens se sont activés pour rendre rapidement aux promeneurs les allées de leurs parcs favoris. Troncs et broussailles ont été évacués pour éviter les accidents, puis l’on s’est dépêché de replanter pour réparer les dégâts. Toutefois, aussi bien à Vincennes qu’au Bois de Boulogne, certaines parcelles ont été laissées « à l’abandon », sans intervention humaine. Quinze ans plus tard, on constate dans ces secteurs (deux hectares dans le Bois de Vincennes) une étonnante explosion de biodiversité…

Pratique/ S’y rendre :

Les trois parcs présentés ici sont particulièrement bien desservis par les transports en commun. Qu’on en juge :

  • Bois de Boulogne :

Métro : ligne 1 (stations Porte Maillot, Sablons ou Pont de Neuilly), ligne 2 (station Porte Dauphine) et ligne 10 (station Porte d’Auteuil).

RER-C : stations Avenue Foch et Avenue Henri-Martin.

Autobus : lignes 32, 43, 63, 73, 82 et PC.

  • Bois de Vincennes :

Métro : ligne 1 (stations Saint-Mandé-Tourelles, Bérault et Château de Vincennes) et ligne 8 (station Porte Dorée).

RER-A : stations Vincennes, Fontenay, Nogent ou Joinville.

Autobus : lignes 24, 26, 29, 46, 56, 62, 86 et PC.

  • Parc des Buttes Chaumont :

Métro : ligne 7B (stations Buttes-Chaumont ou Botzaris), ligne 5 (station Laumière).

Autobus : lignes 26, 48, 60 et 75.

Choisir son itinéraire :

La section parisienne de la Fédération française de randonnée, très active avec ses 3500 licenciés et ses 40 clubs, a édité deux « topo-guides » précieux qui proposent de nombreuses promenades, de difficulté et de longueur variables, dans Paris intra-muros. Plusieurs vous surprendront par leur originalité et vous feront découvrir des endroits méconnus de la capitale. Le guide « Parcs et jardins de Paris… à pied » coûte 15 euros et décrit par le menu vingt-sept itinéraires. Le second, intitulé « Le Bois de Vincennes… à pied », est proposé au prix de 9,50 euros et suggère sept circuits balisés. La section parisienne de la FFR édite en outre une feuille d’information mensuelle, « La Gazette de la Panamée », qui développe dans chaque numéro un thème original (« les essences d’arbres remarquables », « l’œuvre de Le Corbusier », « le mobilier urbain », etc.).

Enfin, la FFR-Paris organise chaque troisième jeudi de chaque mois, entre 19 et 22 heures, sur une distance de sept kilomètres, des randonées citadines à thème, ouvertes à tous et gratuites. Les animateurs bénévoles de ces « Panamées » prévoient généralement trois arrêts à chaque sortie, de façon à attendre les retardataires et à commenter tel ou tel aspect de la promenade. Départs et arrivées se font toujours à proximité d’une station de métro.

Pour s’inscrire, se procurer les topo-guides cités ou s’abonner à la « Gazette », s’adresser à : Fédération française de randonnée-Paris, 6 rue Paulin Enfert 75013 Paris. Tél. : 01 46 36 95 70. Site Internet : www.rando-paris.org. Mail : rando-paname@orange.fr.

Plusieurs sentiers de grande randonnée (GR) passent dans la capitale et trois d’entre eux empruntent les allées des bois parisiens. Le GR1 démarre porte Maillot, dans l’ouest de la ville, et traverse le Bois de Boulogne en diagonale jusqu’au champ de course de Longchamp avant de filer sur Rambouillet et Feucherolles, dans les Yvelines. Le GR2, qui mène de Sainte-Foy, en Côte d’Or, au Havre, en Seine-Maritime, traverse la partie sud du Bois de Vincennes avant d’entrer dans Paris à hauteur du lac Daumesnil et de la Porte Dorée. Quant au GR14, qui conduit les marcheurs de Paris jusqu’à Malmedy, en Belgique, il emprunte, à quelques variantes près, les mêmes itinéraires que le GR2 à l’intérieur du bois de Vincennes avant de filer vers le nord-est.

Se restaurer :

Plusieurs restaurants accueillent les clients dans les bois de Boulogne et de Vincennes, comme dans le parc des Buttes-Chaumont. Ces bois abritent en outre de nombreux kiosques dans lesquels on trouve de quoi se désaltérer et se sustenter d’un sandwich ou d’un croque-monsieur. Tous ces établissements valent essentiellement pour le plaisir de déjeuner « à la campagne » en plein Paris et pour la vue qu’ils offrent. Leur carte, en revanche, n’a généralement rien d’inoubliable, ce qui n’est pas le cas des prix qu’ils pratiquent… Bref, mieux vaut les réserver à des occasions exceptionnelles et à certaines saisons (au printemps notamment), où leur situation plaisante fait oublier le reste.

On aura donc intérêt à « sortir du bois » et à prospecter les innombrables petits établissements qui fleurissent à sa périphérie immédiate, comme par exemple l’avenue de Paris pour ce qui est du Bois de Vincennes. La vue y perdra sans doute un peu, mais votre porte-monnaie vous remerciera.

Nos adresses dans les trois bois concernés ou dans leurs environs immédiats :

  • Bois de Boulogne :
  • Le Chalet des Iles : pour son brunch du dimanche matin. Adresse :14, chemin de Ceinture du lac Inférieur, porte de la Muette. Tél. : 01 42 88 04 69. Mail : reservation@lechaletdesiles.net.
  • La Grande Cascade : pour son architecture second-empire et sa vue sur Longchamp et sur le Mont-Valérien. Adresse : Allée de Longchamp. Tél. : 01 45 27 33 51. Mail : grandecascade@restaurantsparisiens.com.
  • Le Pré Catelan : pour sa situation au cœur du Bois et ses trois étoiles au Michelin. Tél. : 01 44 14 41 14. Fermé dimanche et lundi.
  • Le Flandrin : pour sa facilité d’accès, à deux pas de la Porte de la Muette, à la sortie de la station Avenue Henri-Martin du RER. Adresse : 4 place Tattegrain 75116. Tél. : 01 45 04 34 69
  • Bois de Vincennes :
  • Le Chalet du Lac : pour la restauration réussie de cet ancien pavillon de chasse de Napoléon III. On peut s’y restaurer, mais l’on y vient surtout pour guincher ! Adresse : Orée du Bois, lac de Saint-Mandé 75012. Tél. : 01 43 28 09 89. Mail : contact@chaletdulac.fr.
  • Le Chalet des Iles Daumesnil : pour son cadre bucolique à deux pas de la Porte-Dorée. Tél. : 01 43 07 00 10. Mail : info@lechaletdesiles.com.
  • La Cipale : pour revivre, l’espace d’un déjeuner, les grandes heures du cyclisme sur piste. Adresse : 51 avenue de Gravelle 75012. Tél. : 01 43 75 54 53. Mail : restaurant.la-cipale@wanadoo.fr.
  • Parc des Buttes-Chaumont :
  • Le Pavillon du Lac : pour ses tartares et sa vue imprenable sur le lac, en contrebas. Tél. : 01 42 00 07 21.
  • Rosa Bonheur : pour un apéritif branché, avec vue sur le parc, et pour sa terrasse. Adresse : 2 avenue de la Cascade. Tél. 01 42 00 00 45. Site Internet : rosabonheur.fr.
  • Le Baratin : pour le décor de cet établissement, resté dans son « jus » bellevillois. Adresse : 3 rue Jouye-Rouve 75020. Tél. : 01 43 49 39 70.
  • L’Atlantide : pour le meilleur couscous des Buttes. 7 avenue de Laumière 75019. Tél. : 01 42 45 09 81.

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