En fin d’après midi à l’heure où le soleil colore en orange ses remparts, la cité d’Aigues-Mortes en impose. Dominant la petite Camargue, la ville fortifiée affiche un charme authentique qui a su résister aux affres du temps. Impassible, la Tour Constance veille avec à ses pieds un univers envoutant à découvrir à pieds.

Construite selon la volonté de Saint Louis, avant son départ pour les croisades, la cité médiévale d’Aigues-Mortes demeure la halte privilégiée des randonneurs en Camargue.
Au cœur de la ville, serpentent d’agréables ruelles bordées de boutiques tendance. Bien sûr, vous trouverez toutes les spécialités de la région : Fleur de sel de Camargue, Vin des Sables, asperges Célestine, viande de taureau AOP ; sans oublier, la fougasse d’Aigues-Mortes, à déguster dans l’une des pâtisseries de la ville. Aigues-Mortes est aussi un carrefour culturel où des expositions d’artistes se croisent dans les galeries d’art. Cette cité, où tout est de bon goût, démontre que l’on peut accueillir les touristes « sans perdre son âme »…

Une visite des Salins d’Aigues-Mortes, en fin de journée, permet d’observer la faune unique : 200 espèces d’oiseaux, dont 157 espèces protégées

La Marette : un nouveau sentier d’interprétation

Face au succès d’Aigues-Mortes, nous vous conseillons de laisser votre véhicule stationné à l’ombre si possible, pour cheminer ver la Maison du Grand Site de France de la Camargue Gardoise, située à 15 minutes de marche de la ville médiévale en longeant le canal maritime.

Nous vous convions à l’exploration de la Marette, le tout nouveau sentier de randonnée découverte, ponctué d’espaces de repos et d’observations ouvert le 20 juin 2015. Débutons la visite par l’exposition retraçant brièvement l’histoire de la région et une présentation des Grands Sites de France. « Cette exposition retrace la formation des paysages de la Camargue Gardoise. S›appuyant sur différents visuels, (cartes, dessins, films…) nous sommes invités à découvrir la saga des activités humaines d’hier et d’aujourd’hui dans le maintien de la diversité des paysages. La Marette rend hommage aux hommes qui ont façonné les paysages de Camargue Gardoise célébrés par le label « Grand Site de France ».

Initiation à l’observation des oiseaux pendant les balades en véhicule électrique.

Ensuite, prenons le chemin de cette balade ludique d’1 km et demi. Ce sentier d’interprétation est ponctué de haltes où vous trouverez des explications sur le faune et la flore. Un peu plus loin un promontoire permet de prendre la hauteur : nous découvrons une vue encore inédite sur les rempart d’Aigues-Mortes. Suivons le sentier pour arriver au bord de l’étang de la Marette dans lequel se reflète en toute quiétude la Tour Constance. Sur un ponton aménagé, installé sur les rives de l’étang, nous prenons plaisir à observer la nature. Prenez garde aux moustiques !

Bienvenue au pays de l’or blanc

A deux pas d’Aigues-Mortes, des montagnes blanches accrochent le regard.

Sur le miroir des eaux
teintées de rose, des
montagnes de sel
étincelantes.

C’est en fin de journée, que nous vous invitons à découvrir les Salins d’Aigues-Mortes, à pied, à VTT ou même en véhicule électrique, formule que nous avons testée. En petit comité de 6 personnes, Sonia notre guide-naturaliste nous ouvre les portes des domaines des Salins. Chaque passager se voit équipé d’une paire de jumelles puissantes, accessoire indispensable pour s’initier à l’observation ornithologique ou « birdwatching » : les oiseaux migrateurs, font – chaque année – escale dans ces étendues camarguaises, sans risque d›être dérangés. Au fil du temps les salins sont devenus un réservoir alimentaire et un lieu de reproduction pour les oiseaux qui y séjournent durant le printemps et l’été. Sonia, nous rappelle que nous sommes sur « la première réserve de flamants roses en Europe », où niche également une faune unique. Pas moins de 200 espèces d’oiseaux sont recensées, dont 157 protégées.

Dès l’antiquité

Les origines des salins remontent à l’antiquité. Mais, il faudra attendre qu’un ingénieur romain du nom de Peccius soit chargé par César d’organiser la production du sel de mer à Aigues-Mortes. Il s’agissait alors pour Rome de répondre aux besoins alimentaires de la nouvelle province de l’Empire.

A la fin du XVIIe siècle, 17 salins étaient exploités dans l’enclos de Peccais. Ceux-ci appartenaient à de petits propriétaires qui, après les inondations de 1842, s’associèrent à un négociant montpelliérain pour fonder en 1856 la Compagnie des Salins du Midi, connue sous le nom de « Salins ».

Les salins dévoilent une palette de couleurs, du rose vif, à un parme délicat.

Au cours de notre « expédition» de 3h30, nous allons serpenter – tout en silence – entre les tables salantes remplies d’eau de mer, puisées et filtrées ici même. Les salins dévoilent une palette de couleurs, presque irréelles, passant d’un rose vif, à un parme délicat avec pour toile de fond les remparts d’Aigues-Mortes.

Avec 8 000 hectares de superficie les Salins d’Aigues-Mortes demeure le plus grand salin d’Europe ! Chaque année, 240 000 tonnes de sel y sont récoltés. Essentiellement dédiées à l’industrie agro-alimentaire. C’est ici que sont produites deux marques de sel emblématiques : La Baleine et Le Saunier de Camargue. L’activité salicole a permis de préserver des milliers d’hectares d’espaces naturels sur le littoral méditerranéen où un écosystème unique abrite une faune et une flore exceptionnelles. Aujourd’hui, les Salins d’Aigues-Mortes, ouverts aux visites, accueillent chaque année plus de 126 000 visiteurs, ce qui en fait l’un des 5 sites industriels les plus visités en France.

Un voyage écologique dans un espace sauvage

Le circuit en voiture électrique, mis en place cette année (tout comme le circuit VTT), est un voyage écologique dans un espace sauvage à peine dompté par l’homme.

Alanguis par la chaleur, mettons le cap sur le Grau-du-Roi en quête d’un peu de fraicheur. N’oublions pas, qu’avant d’être une station balnéaire, le Grau-du-Roi demeure un authentique port de pêche, à découvrir. C’est à partir de la base nautique intercommunale du Vidourle au Grau-du-Roi que vous proposons une originale randonnée aquatique en canoë.

L’espace éco-pagayeur

Nous sommes dans l’espace éco-pagayeur de la base nautique pour découvrir une randonnée au fil de l’eau, du Vidourle au Ponant.
Sur le parking, où est installé un panneau faisant office de « porte d’information ».

L’Espace éco-pagayeur, à la base nautique intercommunale du Vidourle au Grau-du-Roi, est une nouvelle activité, unique dans le Sud de la France : un parcours d’interprétation en canoë-kayak ou stand up paddle.

Mais avant d’opter pour un itinéraire, il s’agit de choisir son embarcation : canoë, kayak, stand up paddle. Si les familles se dirigent naturellement vers les canoës, d’autres s’essayeront à la planche (paddle). Un moniteur est présent pour conseiller et guider. Si le principe est simple, le concept reste nouveau : il s’agit de rejoindre à la rame des balises plantées le long des berges. Chacune d’elle propose une question sur la faune ou la flore, les réponses sont à chercher dans le livret. Le Kayak Club met à la disposition – en échange d’une caution de 10 Ä – un guide pédagogique illustré étanche et flottant.

Quatre parcours thématiques

  • Le parcours Salicorne se déroule autour du thème des milieux naturels, de la faune et de la flore. Durée 1h30 mm.
  • Le parcours Vidourle s’articule autour du thème du fleuve Vidourle et de ses aménagements. Durée 2h30.
  • Le parcours Daurade propose un trajet découverte sur le sujet de la pêche et de la gestion de l’eau. Durée 2h30.
  • Le parcours Cormoran, complet reprenant l’ensemble des trois thèmes pré-cités.

Avec 300 jours de soleil par an, des paysages ciselés par le vent, roselières et flamants roses, manades et taureaux, la Camargue gardoise se parcoure inlassablement en toute saison !

Le sac du randonneur Camarguais

Le soleil et le vent sont vos compagnons de route, sans oublier les féroces moustiques. Mais il en faut plus pour décourager les randonneurs. Dans leurs sacs nous trouvons un coupe-vent, un chapeau, des lunettes de soleil, des répulsifs anti-moustiques et beaucoup d’eau ! Nous déconseillons les sandales.

Pour les personnes sensibles, certaines marques comme Columbia, proposent des vêtements anti UV ou encore Cimalp qui réalise une ligne de chemises et de pantalons anti-moustiques. La Camargue conserve un parfum d’aventure sans jamais être inquiétant !

Textes et photos : Eric Beracassat

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