Conduite à tenir par le sauveteur quelle que soit la situation :

  • Réaliser une bonne protection du sauveteur et de la victime : la prévention du « sur-accident » est un préalable incontournable à toute action de secours. Il faut que la victime et le sauveteur soient en sécurité afin de pouvoir efficacement faire les gestes salvateurs. Si la victime se trouve dans un endroit dangereux (zone instable ou exposée,…) et sans vous mettre en danger, vous devez la « dégager » d’urgence et ce quel que-soit son état. C’est ce que l’on appelle un « dégagement d’urgence ». En aucun cas, vous ne devez prendre de risque pour vous. Si vous estimez que vous prenez un risque, n’intervenez pas et appelez les secours. Dans ce cas, la non assistance à personne en danger ne peut être invoquée.
  • S’assurer qu’il n’y a pas d’hémorragie : c’est une priorité avant tout autre acte secouriste. Si une hémorragie est présente, elle sera à prendre en charge en priorité. Cela fera l’objet d’un prochain article dans Balades.
  • Puis apprécier l’état de conscience : il suffit pour cela de poser quelques questions simples à la victime : «Vous m’entendez ?», « Ouvrez les yeux !». Prendre en même temps sa ou ses mains et lui demander : « Serrez-moi la main !». Si la victime ne réagit pas à ces questions : elle est « inconsciente » !

NB : vous remarquerez qu’à aucun moment, il n’est question de claques ou de torsion « de quoi que ce soit » pour stimuler la victime !

Quels sont les risques d’une telle situation ?

En cas d’inconscience, la langue chute au fond de la gorge et risque d’étouffer la victime

Une personne inconsciente laissée sur le dos est toujours exposée à un risque de détresse respiratoire rapide du fait de :

  • La chute de sa langue vers l’arrière-gorge et de la perte de tous ses réflexes, y compris ceux de déglutition
  • L’encombrement des voies aériennes dû à l’écoulement de liquides (salive, sang, vomissements)

Cette situation, en l’absence d’intervention rapide et efficace, peut évoluer vers un arrêt cardio-respiratoire aggravé par une inhalation des sécrétions ou des vomissements du fait de la perte des réflexes de déglutition et de toux. Par contre, bien prise en charge, elle peut ne pas s’aggraver, voire s’améliorer par un retour à la conscience de la victime.

On ne donnera rien à ingérer (eau ou tout autre chose) à une victime présentant des troubles de la conscience.

Appeler « à l’aide ! »

Cette action permet d’obtenir une aide de la part d’un témoin qui pourra alerter les secours. Malgré l’évidence, cette action est souvent oubliée du fait de la situation stressante !

Assurer immédiatement la liberté des voies aériennes aériennes de la victime
  • Retirez tout ce qui peut gêner la respiration de la victime (ceinture, veste, écharpe,…). Puis mettez-lui la tête dans l’axe et basculez la doucement en arrière en mettant une main sur son front et 2 ou 3 doigts de l’autre main, juste sous la pointe de son menton (en prenant appui sur l’os et non sur la partie molle du menton).Puis élevez le menton.

La bascule de la tête en arrière et l’élévation du menton entraînent une projection de la langue vers le haut. Ainsi, elle se décolle du fond de la gorge et permet le passage de l’air.

Apprécier la respiration de la victime
Vérification de la respiration.

Penchez-vous sur la victime et placez votre oreille et votre joue au-dessus de sa bouche et de son nez afin de rechercher :

  • avec votre joue : un flux d’air expiré par le nez et la bouche
  • avec votre oreille : des bruits normaux ou anormaux de la respiration (sifflements, ronflements, gargouillements …)
  • avec vos yeux : le soulèvement de son ventre et/ou de sa poitrine.

Cette recherche doit durer 10 secondes pour être sûr de l’ efficacité de la respiration. OUF ! La poitrine de la victime se soulève régulièrement (la fréquence normale est de 12 à 15 fois par minute chez un adulte) et son souffle est bien perçu : Elle respire… mais reste inconsciente !

Dans ce cas, il faut la mettre en Position Latérale de Sécurité (P.L.S). Cette position empêche la chute de la langue en arrière et permet aux sécrétions ou aux vomissements de s’écouler à l’extérieur et non dans les poumons de la victime. Elle doit se faire dans toutes les circonstances, même en cas de suspicion de fracture !

ON NE LAISSE JAMAIS UNE VICTIME INCONSCIENTE SUR LE DOS, QUELLEs QUE SOIENT LES CIRCONSTANCES,  même si l’on suspecte un traumatisme osseux…sinon elle décédera

Dans les premières minutes qui suivent un arrêt cardio-respiratoire, la victime peut présenter des mouvements respiratoires inefficaces, lents, bruyants et anarchiques appelés « GASP » Si le secouriste a le moindre doute sur la respiration, le sauveteur considérera qu’il est en arrêt cardiaque et doit  mettre en œuvre de la Réanimation Cardio-Respiratoire (sujet d’un prochain numéro de Balades).

 

La Position Latérale de Sécurité (P.L.S) : une technique simple, efficace et primordiale

Cette technique devra impérativement respecter les principes suivants :

  • Le retournement de la victime sur le côté devra limiter au maximum les mouvements de sa colonne vertébrale
  • La victime devra se retrouver dans une position la plus latérale possible pour éviter la chute de sa langue en arrière et permettre l’écoulement des liquides vers l’extérieur
  • La position devra être stable
  • Toute compression de la poitrine qui peut gêner les mouvements respiratoires devra être évitée
  • La surveillance de la respiration de la victime et l’accès à ses voies aériennes devront toujours être possibles.

 

Préparer le retournement de la victime

  • Assurez-vous que ses membres inférieurs sont allongés côte à côte. Si ce n’est pas le cas, rapprochez-les délicatement l’un de l’autre, dans l’axe de son corps (même en cas de fracture !). Photo 1
  • Placez le bras de la victime – le plus proche du sauveteur – à angle droit par rapport à l’axe de son corps. Puis pliez son coude tout en gardant la paume de sa main tournée vers le haut . Photo 2
  • Placez-vous à genoux ou en trépied à côté de la victime et d’une main, saisissez le bras opposé de la victime
  • Placez le dos de sa main contre son oreille (côté sauveteur). Photo 3
  • L’autre main attrape sa jambe opposée, juste derrière le genou et relève ce dernier tout en gardant le pied en contact avec le sol (la saisie de la jambe de la victime au niveau du genou permet de l’utiliser comme bras de levier. Le sauveteur peut ainsi retourner la victime quelle que soit sa morphologie). Photo 4
  • Le sauveteur tire sur le genou afin de faire pivoter la victime jusqu’à ce que le genou touche le sol. Il veillera à se placer assez loin de la victime (au niveau du thorax) pour pouvoir la tourner sur le côté sans avoir à se reculer pendant le retournement. Photos 5

Le mouvement de retournement doit être fait sans brusquerie et en un seul temps. Le maintien de la main sous la joue de la victime permet de respecter l’axe de la colonne vertébrale et limiter ainsi le risque d’aggravation d’un éventuel traumatisme.

  • Puis le sauveteur dégagera doucement sa main de sous la tête de la victime tout en maintenant son coude avec l’autre main (ce geste évite toute mobilisation de la tête). Photo 6
  • Ajuster la jambe située au-dessus, de telle sorte que la cuisse soit à angle droit par rapport à l’axe du corps  de la victime.

Cela permet de stabiliser la P.L.S

  • Ouvrir la bouche de la victime (sans mobiliser la tête) afin de permettre l’écoulement des liquides vers l’extérieur. Photo 7
  • En position sur le côté, les voies aériennes et les mouvements de la respiration doivent pouvoir être contrôlés en permanence.
  • Si le sauveteur n’est pas seul, il s’assure que l’alerte a été donnée par le témoin.
Protéger la victime contre le froid ou les intempéries en la recouvrant d’une couverture.
Contrôler régulièrement la respiration de la victime en attendant les secours.

En attendant les secours, le sauveteur doit surveiller la respiration de la victime en permanence. Pour cela, il regarde le ventre et la poitrine se soulever, écoute le souffle provoqué par sa respiration ou essaie, avec le plat de la main, de sentir le soulèvement du thorax.

Si l’état de la victime s’aggrave et que la respiration s’arrête (ou si vous avez un doute notamment par rapport à la notion de « gasp agonique »), le sauveteur doit replacer rapidement la victime sur le dos et pratiquer les gestes qui s’imposent (à lire dans le prochain numéro de Balades).

Des cas particuliers

  • Face à un enfant inconscient qui respire : la technique de mise en P.L.S est rigoureusement identique
  • Face à une victime inconsciente, qui respire mais est traumatisée : en cas de lésion thoracique ou d’un membre, la victime est couchée (autant que possible) sur le côté atteint
  • Si la victime inconsciente se trouve sur le ventre : la remettre sur le dos pour vérifier correctement sa respiration (eh oui ce sont les textes !)

Méthode du retournement sur le dos si la victime est trouvée sur le ventre et  inconsciente

  • On la retournera dans le sens opposé à son regard pour limiter la mobilisation des vertèbres cervicales. Le sauveteur se positionne donc derrière la nuque de la victime.
  • S’assurer que ses membres inférieurs sont allongés côte à côte. Photo 1
  • Tendre le bras situé du côté de la rotation pour faciliter cette dernière. Photo 2
  • Saisir la victime par l’épaule et la hanche
  • Lui faire effectuer une rotation afin de la positionner sur la tranche. Vous remarquerez que sa tête vient prendre appui sur son bras, ce qui limite la mobilité de la colonne vertébrale. Photo 3
  • Maintenir la hanche et positionner votre main qui tenait l’épaule sous sa tête et votre avant- bras sous sa colonne vertébrale
  • Finir la rotation afin de mettre la victime sur le dos. Photos 4, 5, 6
  • La victime se retrouvant sur le dos, vous pouvez apprécier sa respiration comme vu plus haut.

Si le sauveteur est seul et après avoir mis la victime en P.L.S, il pourra la quitter pour alerter les secours. Il reviendra ensuite le plus rapidement possible pour la surveiller.

La mise en œuvre de la P.L.S est un geste fondamental en matière de secourisme. On entend trop souvent dire (et à tort !) qu’il ne faut jamais toucher une victime qui présente des signes de traumatisme. C’est vrai sauf s’il faut la dégager d’une zone dangereuse, la mettre en P.L.S, ou lutter contre un arrêt cardio-respiratoire.

Textes et photos : Alain Perrier

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